LES DECOUVREURS

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 3 février 2014

GÉNÉROSITÉ DU POÈME. IRRUPTION DE LA MANCHE. JACQUES DARRAS


JACQUES_DARRAS.jpg Du 10 au 14 février prochain les Découvreurs accompagneront le poète Jacques Darras dans un certain nombre d'établissements de l'Académie de Lille. C'est l'occasion pour nous de revenir sur son livre Irruption de la Manche qui, entre autres, permettra sûrement aux jeunes gens de Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer qui le recevront, d'apprendre à lire les paysages qu'ils ont sous leurs yeux, avec un regard élargi, capable de leur donner sens au-delà des apparences.

Lire la suite...

vendredi 31 janvier 2014

ÉCRIRE DANS L'AMITIÉ DES LIVRES. DOUCEUR DU CERF DE MARIE HUOT.


DOUCEUR_DU_CERF.jpgEcrire dans les marges d'une œuvre, comme se l'est proposé Marie Huot dans Douceur du cerf, est une entreprise risquée. A fortiori si cette œuvre présente l'ampleur écrasante et la diversité de celle d'un romancier comme Jean Giono qui, de Colline, son premier roman publié, à l'Iris de Suse, son dernier, voire à Dragoon qu'il a laissé inachevé, a multiplié les personnages, les formes, les perspectives et même les époques, à travers une écriture qu'il a voulu jusqu'au bout en permanente invention.

Lire la suite...

mercredi 22 janvier 2014

RÉVÉLATION: KALA GHODA. POÈMES DE BOMBAY D'ARUN KOLATKAR.

bombayUne gamine, "un polichinelle dans le tiroir depuis, à vue de nez, sept mois" "cavale comme une gazelle", un jerrycan à la main à la poursuite de la carriole d'un vendeur de kérosène. À l'heure du petit déjeuner, un bossu cul de jatte bat, sur son "skateboard maison" des records de vitesse, "s'envole sur les ralentisseurs" pour coiffer au poteau un "vieux paralytique en fauteuil roulant fabriqué avec deux vélos cannibalisés". "Tel un Démosthène frappadingue", un ivrogne qui se réveille tonne à l'adresse de la ville entière qu'elle n'est qu'un "colossal tas de merde". "Les doigts funambules" d'un aveugle "tressent un lit de corde" qui "se tourne et se retourne dans ses bras" comme s'il apprenait à danser. Tandis qu'un peu plus loin, "tchac-a-boum-tchac-tchac tchac-a-bim-boum-bam" passe la fanfare des lépreux, le Bombay Lepers'Band. On le voit. C'est une sorte de Cour des Miracles que met en scène le poète indien Arun Kolatkar dans ces Poèmes de Bombay que les éditions Gallimard nous font heureusement découvrir grâce au talent de ces deux traducteurs que sont Pascal Aquien et Laetitia Zecchini. Toutefois cette Cour des Miracles que constitue la population du quartier de Kala Ghoda que notre auteur a observé des années durant, de sa table du Wayside Inn qui lui offrait une vue dégagée sur ce carrefour fréquenté au centre de la métropole indienne, n'a rien de l'espace sordide, inquiétant, malfaisant que le roman de Victor Hugo, Notre Dame de Paris, en quête de pittoresque d'époque, a popularisé. (1)

Lire la suite...

jeudi 9 janvier 2014

À LA COULEUR AUSSI DE NOTRE ÉPOQUE. ELÉGIES ÉTRANGLÉES D'OLIVIER BARBARANT

Les Découvreurs recevront la semaine prochaine le poète Olivier Barbarant qu'ils accompagneront dans deux établissements du littoral de la Côte d'Opale.
C'est l'occasion pour nous de revenir un peu sur ces Elégies étranglées qui feront l'objet de ses interventions.

Fautrier_La_depouille_1945.jpg

Comme l'affirme le compte rendu que Ludovic Degroote a consacré à l'ouvrage sur POEZIBAO, le livre d'Olivier Barbarant, puisant largement dans la douleur de la disparition, à quelques mois d'intervalle, du père et de la mère, et retraçant, comme il l'écrit, des anecdotes, des souvenirs qui lui appartiennent en propre, semble bien procéder d'une "écriture de l'intime".

Lire la suite...

dimanche 5 janvier 2014

SAVOIR REGARDER TOUT LE VIVANT IMMENSE: WILLIAM BARTRAM (1739-1823 )

DESSIN_DE_W._BARTRAM_State_Archives_of_Florida.jpgLes débuts d'année traditionnellement voués aux bilans et aux résolutions de tous ordres sont l'occasion pour chacun d'embrasser un temps plus large coloré du regret, certes, de ce que nous aurons malgré tout, laissé à jamais échapper mais de l'espérance aussi que l'espace que nous croyons ouvert à nouveau devant nous, nous permettra, qui sait, de ressaisir un peu de ce que nous avons perdu.

C'est pourquoi nous voudrions revenir aujourd'hui rapidement sur ce gros livre des Voyages de Bartram, que les éditions Corti, en la personne de Fabienne Raphoz et Bertrand Fillaudeau, nous ont offert, lors de leur venue à Calais, en février dernier. Un tel livre de quelques 500 pages, présenté comme une édition naturaliste, ponctué de nombreuses descriptions et de longues listes botaniques a de quoi faire un peu peur. Mais n'aura heureusement pas empêché les excellentes et nombreuses critiques qui en ont rendu compte et dont on pourra lire une partie ici.

Lire la suite...

jeudi 2 janvier 2014

VOEU - DÉMOLITION - JEAN-CHRISTOPHE BELLEVEAUX

DEMOLITION_JCB.jpgLes éditions des Carnets du Dessert de Lune , viennent de faire paraître le dernier livre de Jean-Christophe Belleveaux, Démolition.

L'épigraphe empruntée à l'auteur uruguayen Carlos Liscano, - "L'esprit veut comprendre et finit seulement par savoir" - nous éclaire d'emblée sur la nature de cet ouvrage: une sorte d'odyssée de l'esprit confronté à l'impossibilité de pouvoir faire corps vraiment un jour avec le monde dans une sorte de repos à la fois heureux et transparent des choses .

Lire la suite...

samedi 21 décembre 2013

BAUDELAIRE, MUTINERIES, NÖEL

ANDRE_LOEZ_LES_REFUS_DE_LA_GUERRE_GALLIMARD.jpgTout vrai lecteur le sait. À l'intérieur de soi, c'est tout un jeu de configurations et de reconfigurations qui se produit durant le temps de la lecture. Là s'échangent des temporalités. Des situations. Des préoccupations. Celles bien entendu de l'ouvrage et des récits qu'il met en œuvre. Celles aussi qui nous sont propres et qu'aucune lecture même la plus captivante n'est en mesure de suspendre totalement.

Il en résulte parfois des mises en relation surprenantes.

Lisant le très important livre d'André Loez sur les mutins de 1917, que nous ne saurions trop conseiller en prévision des commémorations tous azimuts à venir, tandis que nous subissions la terrible pression commerciale correspondant à ce que Baudelaire appelait déjà dans les Petits Poèmes en Prose, l'"explosion du nouvel an", quelque chose en nous, malgré l'évidente différence des matières, malgré le caractère paradoxal et même possiblement choquant de leur rapprochement, nous enjoignait à chercher ce que ces refus de la guerre étudiés de façon si attentive par l'historien, un peu dans la lignée des préconisations du Michel de Certeau de l'Invention du quotidien, s'efforçaient aussi de nous faire entendre sur notre propre attitude à l'égard de ce qu'il est possible de considérer aujourd'hui comme l'obligation sociale de fête.

Lire la suite...

samedi 14 décembre 2013

PIERRE GARNIER: UNE LIBERTÉ EN MOUVEMENT

extrait-louanges.jpg Peut-être qu'on ne voit pas assez comment tout le génie de la culture consiste aussi à emprisonner les choses dans les mots, les mots dans les idées. Les idées dans les systèmes. Le tout s'abâtardissant finalement dans le prêt à penser aujourd'hui de l'industrie politico-culturelle qui permet à chacun ce luxe de pouvoir affirmer librement et hautement des opinions fabriquées en dehors de lui.

Lire la suite...

mercredi 11 décembre 2013

LA GUERRE REND-ELLE FOU ? : LES SOLDATS DE LA HONTE DE J-Y. LE NAOUR

SOLDATS_DE_LA_HONTE.jpg C'est un des multiples avantages des rencontres que nous organisons que de relancer à chaque fois notre curiosité. Pour les livres. Certes. Mais aussi au gré des conversations, des échanges, pour des lieux. Des époques. Des personnes. Des évènements. Des problèmes...

Notre dernière rencontre avec Gisèle Bienne, autour de la Ferme de Navarin, a ainsi été l'occasion de nous souvenir avec elle de bien des lectures que nous avons faites autour de la première guerre mondiale - nous en ferons peut-être un jour la liste - mais aussi de nous décider à nous intéresser de plus près à cette question des "mutilés mentaux" qu'un ancien article relatif au Cimetière des fous de Cadillac (Gironde) nous avait fait, en son temps, découvrir.

Lire la suite...

mardi 19 novembre 2013

IMMENSITÉ DES PLUS HUMBLES MATIÈRES: LOUANGE DES MOUSSES DE VÉRONIQUE BRINDEAU


louange_des_mousses.jpgIl y a un usage du monde qui permet chaque jour de l'inventer davantage. Les vrais livres, nés d'une connivence profonde avec les choses de la vie et capables d'exprimer avec une même profondeur, la jouissance, l'émotion mais aussi la sagesse que son auteur en a retirées, nous éclairent ainsi de fenêtres nouvelles. Diffusant leur lumière, avec plus ou moins d'éclat. Et de retentissement. Louange des mousses de Véronique Brindeau appartient à la catégorie des ouvrages discrets, modestes mais dont la découverte ouvre paradoxalement sur des horizons de pensée vastes. Sinon illimités. Ce qui n'est pas sans rappeler les propos de Witold Gombrowicz dans Cosmos, "J'ai dû, vous le comprenez, recourir toujours davantage à de tout petits plaisirs, presque invisibles. Vous n'avez pas idée combien, avec ces petits détails, on devient immense, c'est incroyable comme on grandit".

Lire la suite...

vendredi 8 novembre 2013

AUTRE SUITE D'AMOURS: CECI EST MON CORPS DE JUAN ANTONIO GONZALEZ IGLESIAS



Il m'a paru intéressant de publier ici, après la note consacrée au livre de Stéphane Bouquet, Les amours suivants, la présentation du livre de Juan Antonio Gonzalez Iglesias sélectionné pour l'actuel Prix des Découvreurs. Au-delà des différences d'écriture qui sauteront immédiatement aux yeux des lecteurs, ces livres qui célèbrent tous les deux le monde à travers une suite d'amours homo-érotiques pour ne pas utiliser les termes à la mode qui défigurent la langue, nous conduisent à penser que peut-être la poésie amoureuse d'aujourd'hui a trouvé dans cette forme d'amour à se renouveler, et à imposer de nouveaux codes.

Lire la suite...

jeudi 7 novembre 2013

ECRIRE POUR DEPLOYER LA VIE: Les amours suivants de Stéphane Bouquet

Transformation d'une forme de vie en une forme de langage et transformation d'une forme de langage en une forme de vie, comme l'affirmait du poème le regretté Henri Meschonnic, c'est ce qu'exemplairement le lecteur pourra voir s'accomplir dans le dernier ouvrage de Stéphane Bouquet, Les amours suivants. Car c'est avant tout l'incessant mouvement le portant de sa vie à la parole et de sa parole à la vie qui anime et génère le fond d'invention constamment émouvant des livres de ce poète.

Lire la suite...

page 2 de 2 -