LES DECOUVREURS

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mardi 3 février 2015

UNE PENSÉE DE TOUT LE CORPS.

Il y a dans un musée de Londres « la valeur d'un homme » : une longue boîte-cercueil, avec de nombreux casiers, où sont de l'amidon — du phosphore — de la farine — des bouteilles d'eau, d'alcool — et de grands morceaux de gélatine fabriquée. Je suis un homme semblable écrit dans une lettre de 1867 le poète Stéphane Mallarmé à Eugène Lefébure, son ancien condisciple du lycée de Sens, après avoir remarqué qu'a contrario, pour être bien l’homme, la nature se pensant, il faut penser de tout son corps, ce qui donne une pensée pleine et à l’unisson comme ces cordes de violon vibrant immédiatement avec sa boite de bois creux.

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dimanche 18 janvier 2015

IMPOSTURES. LES CHAUDRONS FONT DU BRUIT.


Allez, c'est reparti. La grossière bêtise est de retour. À supposer, et c'est se montrer optimiste, qu'elle ait su un seul instant se contrôler. Le pseudo-poète imbécile T. Deslogis sur un site prétendument culturel qui lui confie une partie de son espace, crache sur les poètes qui n'ont pas su, comme lui, se montrer à la hauteur des évènements qui viennent d'endeuiller notre pays. Il suffira aux amateurs d'insanités prétentieuses de lire le grossier tissu de clichés malpropres par lesquels cet individu prétend nous éclairer sur ce qui pourtant devrait susciter la mise en œuvre de toutes les ressources de notre intelligence sensible, pour constater une nouvelle fois que la poésie comme puissance réelle de transformation et d'élargissement du monde a tout à perdre en se prostituant, pour quelques clics ou quelques like aux medias que n'encombre aucun souci d'exigence intellectuelle et artistique. Je m'en suis à plusieurs reprises, je crois, suffisamment expliqué sur ce blog pour qu'il soit utile d'y revenir aujourd'hui.

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mardi 13 janvier 2015

HERBES ET MURS. OÙ CONDUISENT LES ÉVIDENCES ?

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Est-ce le pré que nous voyons, ou bien voyons-nous une herbe plus une herbe plus une herbe? Cette interrogation que s'adresse le héros d'Italo Calvino, Palomar, comment ne pas voir qu'elle est une des plus urgentes que nous devrions nous poser tous, aujourd'hui que, du fait des emballements et des simplifications médiatiques souvent irresponsables, risquent de fleurir les plus coupables amalgames, les plus stupides généralisations et les fureurs collectives aveugles et débilitantes. C'est la force et la noblesse de toute l'éducation artistique et littéraire que de dresser, face à tous les processus d'enfermement mimétique, la puissance civilisatrice d'une pensée attentive, appliquée au réel, certes, mais demeurée profondément inquiète aussi de ses supports d'organes, de sens et de langage.

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dimanche 11 janvier 2015

DIMANCHE 11 JANVIER 2015.


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mercredi 31 décembre 2014

CHANGER LA VIE. L'ARMÉE DES PAUVRES POÈTES.


Réponse au désastre des temps. Invention d'une relation farouchement affranchie avec le grand déconstruit toujours mal reconnu des choses. Sursaut de l'être confronté à l'effondrement manifeste autour de soi des vastes énergies vraies. Manière unique alors de s'éprouver vivant dans un environnement humain devenu mortifère. Sans compter les bonheurs et plaisirs qu'accorde le fait de s'ébattre dans les mots. Se baigner dans la langue. Dans son inépuisable fertilité. Sa constante et merveilleuse prodigalité… Oui tout cela, comme nous le rappelle l'ouvrage que viennent de réaliser Béatrice Bonneville- Humann et Yves Humann en donnant la parole à une vingtaine de poètes, dit bien à quelles nécessités répond toujours aujourd'hui la poésie. Et en quoi elle demeure et demeurera longtemps encore et pour chacun potentiellement indispensable.

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jeudi 4 décembre 2014

POEZIBAO A 10 ANS !

C'est un indispensable. En matière de poésie contemporaine, qu'elle soit française ou étrangère, POEZIBAO, le site exceptionnel créé et animé par Florence Trocmé, est devenu pour celui qui désire découvrir en ligne et s'informer, tout aussi nécessaire que WIKIPEDIA. Depuis sa fondation en 2004 ce sont en effet plusieurs millions de pages qui y auront été consultées. Soit près d'un millier par jour.

Surtout, ce sont plusieurs milliers d'articles pour lesquels Florence aura su, au fil des ans, s'entourer, pour en filtrer le meilleur, des plus fins connaisseurs, pour la plupart eux-mêmes poètes. Car il ne s'agit pas de publier des pages pour publier des pages et d'attirer le visiteur par un effet quantitatif pur. L'attention que Florence Trocmé accorde à la poésie est une attention vraie. Qui, comme le montre aussi son Flotoir, son journal personnel de bord, la porte justement loin des puissants courants transindividuels d'occupation de l'esprit qui cherchent à canaliser chacun de nos contenus de pensée et finissent aujourd'hui par décider de nos choix culturels prétendument les plus libres.

Les Découvreurs souhaitent donc bon anniversaire à POEZIBAO. Et lui disent un grand merci pour avoir tant contribué à maintenir et à développer, dans le contexte si peu favorable que nous connaissons, cette relation profonde, vaste, immergée, avec ce qu'est la poésie prise dans son opacité singulière certes, mais aussi rassemblée, révélée, dans sa capacité unique d'oxygénation et de réappropriation de ce qui fait la vie. La vie toute.

lundi 24 novembre 2014

UN IMMENSE APPRENTISSAGE À LA BONNE LECTURE. PÉGUY.

Plutôt que de me laisser aller à dire tout le dégoût que j'éprouve pour une société capable de laisser se diffuser des images comme celles que des promoteurs touristiques ont eu l'indécence de proposer pour inciter les foules envoûtées comme obscurcies d'aujourd'hui à VIVRE comme ils disent l'expérience des tranchées de la Meuse, j'ai préféré, dans le prolongement d'un récent billet consacré à la redécouverte de Charles Péguy, inviter les lecteurs à prendre connaissance du beau passage que le philosophe et sociologue Bruno Latour a consacré à cet auteur si injustement méprisé. Par son intelligence et son total engagement de pensée Charles Péguy a, lui, de quoi nourrir chez ceux qui savent résister aux idées toutes faites et aux embrigadements faciles, de véritables expériences de vie.

J'extrais donc du texte de Bruno Latour que chacun pourra télécharger ici cet intéressant passage qui dans sa partie finale expose une conception vivifiante de la lecture que nous ne saurions trop recommander aussi à nos fidèles Découvreurs de méditer.

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lundi 17 novembre 2014

LIRE NOS CONTEMPORAINS: DÉCOUVRIR LE PROJET I -VOIX DU LYCÉE DE L'IROISE !


Il semble heureusement s'éloigner le vieux temps où l'étude de la poésie pouvait relever dans les classes d'un acharnement herméneutique parfois si implacablement ténébreux qu'il en détournait à tout jamais la plupart des élèves de ce genre pourtant si nécessaire et civilisateur. Aujourd'hui le professeur qui s'emploie moins à tenter de mettre en évidence l'hypothétique intentionnalité de l'œuvre permet davantage à l'apprenti lecteur de s'interroger plus en profondeur sur ce que cette dernière lui fait.

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dimanche 9 novembre 2014

CES POÈMES NE ME LAISSENT PAS DORMIR !


Difficile de faire comprendre parfois que mon attachement au contemporain n'est en rien exclusif d'une profonde admiration que je voue aux grands écrivains du passé. Aussi pensé-je utile aujourd'hui de publier la réaction qu'un texte peut-être un peu rapide d' Antoine Emaz a suscité chez moi il y a quelque temps et que j'avais gardé dans le tiroir par amitié pour ce poète dont je connais par ailleurs si bien, l'ouverture et la profonde sensibilité à la chose poétique.

Je dédie ce billet aux élèves de Catherine Tall que je viens de rencontrer pour parler avec eux des voies et voix si diverses empruntées par la poésie contemporaine. Ainsi qu'aux élèves de Suzanne Sourget et d'Isabelle Vichery qui se sont montrés si accueillants lorsque Gisèle Bienne et moi les avons rencontrés pour évoquer la figure de Blaise Cendrars.

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dimanche 2 novembre 2014

POIDS DE LA POÉSIE ?


DAUMIER_LECTURE_D_UN_POEME.JPGMe trompe-je, ou pour reprendre le célèbre diagnostic jadis posé par le poète anglais Wordsworth dans sa préface aux Lyricals ballads de 1800, un certain nombre de nos poètes tendent aujourd'hui vers une poésie s'affichant de plus en plus comme une mascarade bariolée de tours de passe-passe, (…) de hiéroglyphes et d'énigme? Ne sont-elles pas de moins en moins nombreuses, parmi les voix qui comptent (je ne parle naturellement pas de celles qu'il m'arrive d'étriller pour leur revendicative indigence) celles que semble toujours préoccuper le vœu de Canetti de maintenir ouverts les accès entre les êtres et qui se montrent soucieuses, pour reprendre un mot cette fois de Salah Stetié, de la comestibilité de leur écriture.
Bien entendu, je n'ignore pas que la poésie est une forme particulière et exigeante de parole. Que plus le langage ordinaire, collectif, s'affadit, se délite, se prostitue même sous l'influence des poisons de nos sociétés technico-commerciales dont la visée n'est autre que l'asservissement de chacun au monde devenu marchandise, plus la poésie ne peut s'éprouver que comme une forme active de résistance dont l'écart avec les parlers médiatiques ne peut que s'élargir. Est-il cependant bien normal que tant de poètes, soient aujourd'hui à nos propres oreilles, pourtant attentives, relativement inaudibles. Ou simplement ennuyeux, du fait du caractère trop visiblement fabriqué, inutilement compliqué, un brin prétentieux et surtout émotionnellement affecté ou avare, de leur œuvre.

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samedi 11 octobre 2014

DU POUVOIR ET DE L'IMPUISSANCE DES MOTS.

A._BOURGAIN.jpgLibre de l’obscure menace d’un étroit tombeau. On ne sait d’où vient cette phrase qu’on lit sur l’une des plaques scellées aux murets de ciment bas qui entourent pas trop joliment à Boulogne-sur-Mer, le Calvaire des marins qui domine le port. Une belle herbe dense régulièrement entretenue repose d’abord les yeux, jette en direction de l’horizon sa grande nappe végétale qui fait paraître en contrebas de la falaise, le sable plus tranquille, l’eau dans le ciel plus calme.

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samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

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mercredi 3 septembre 2014

FLUIDES EN MOUVEMENTS. SUR JEAN TARDIEU ET LA LECTURE.


Portrait_ramolli_Tardieu_par_Pol_Bury.png.jpgNB: Nous devons le déclenchement de ce billet au flotoir de Florence Trocmé que nous ne saurions trop recommander pour toutes les découvertes de lectures à y faire. À travers le prisme d'une intelligence active et réactive. En constante interrogation.


Dans une réflexion que l'on trouvera dans les premières pages du Miroir ébloui, (Gallimard, 1993) qui réunit la plupart des textes qu'il a écrits sur l'art et les artistes, Jean Tardieu évoque ce vertige du regard que suscite chez lui la rencontre avec certaines œuvres picturales, cette façon ambiguë qu'elle a, tout à la fois, de nous déranger et aussi de nous combler. C'est qu'en remuant la poussière de nos habitudes mentales (…) les formes, les couleurs, les sons qui nous fascinent (…) réveillent la splendeur des images, le murmure des rumeurs ensevelies au fond de notre mémoire obscure. Et c'est bien, selon lui, dans le trouble de cette expérience à la fois intime et profonde que doit se chercher la vocation essentielle de l'œuvre, aux antipodes de toutes les conceptions académiques de l’Art, avec ses notions périmées de l’« imitation » du réel, de la domination d’une « beauté ».

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mercredi 13 août 2014

MUSÉES METZ. CERTES PAS QUE POMPIDOU !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA C’est entendu. Les musées ne sont que des prisons. Pire : de vastes cimetières d’œuvres mortes. Et notre époque est à cet égard nécrophile qui vient y jeter par troupeaux de plus en plus considérables ces forçats culturels qui en rendent d’ailleurs la visite trop souvent insupportable.

Le complexe de musées de Metz, dits de la Cour d’or, échappe heureusement encore à ces foules sérieuses, conditionnées, auxquelles on n’a pas encore imposé de se perdre dans ces deux kilomètres et demi de salles. Dans ce peu banal enchâssement de musées remarquables, à condition qu’on s’y rende sans attente particulière et surtout, répétons le, sans y être porté par le sentiment de redoutable obligation qui semble désormais de règle, rien n’empêche donc l’esprit, la curiosité étonnée et active de redonner de la vie, une autre vie mais de la vie quand même et pour soi, à ces adoucis, raccourcis, voire déloyaux, dépôts du temps qui, comme disait naguère l’idiotie collective, quelque part toujours, nous interpellent.

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mardi 27 mai 2014

POUR LA MAISON DES ÉCRIVAINS ET DE LA LITTÉRATURE ! RÉDUIRE LES DÉFICITS DE FOND !

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La Maison des Ecrivains et de la Littérature, la MEL , vient de se voir proposer par le Centre National du Livre une réduction de 5% de la subvention qu'il lui accorde, soit une perte de 36 000 € , ainsi que l'engagement ne plus affecter le montant de la dite subvention qu'à la seule éducation artistique et culturelle que le gouvernement entend bien voir s'étendre et se généraliser, en partie à travers les PEAC (Parcours d'éducation artistique et culturelle définis par la circulaire n° 2013-073 du 3mai 2013 ).

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jeudi 22 mai 2014

VITE. VITE. VOULOIR LA VIE TROP VITE.


Nous recevons régulièrement des ouvrages dont nous ne pouvons pas toujours, malheureusement, rendre compte de la façon qu'ils méritent. Nous contentant la plupart du temps d'un amical remerciement à ceux qui ont bien voulu nous l'adresser. Cela ne nous empêche pas d'en lire quant à nous et pour nous quelques pages. Et quand cela nous entraîne, d'aller plus loin. Seulement, où trouverions-nous le temps de tout lire? Lire vraiment, veux-je dire. Puis ensuite d'en parler dans ce blog d'une façon qui ne soit pas que formelle. Je suis poète justement pour ne pas me contenter des formules trop vagues. Me réfugier dans les propos de convention. Paraphraser les quatrièmes de couverture voire les paraphrases de paraphrases qu'en font certains médias moins scrupuleux. Je refuse d'aller vite. Et surtout nulle part.

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jeudi 8 mai 2014

AU NOM DE QUELLE LOI ? ATELIERS D'ECRITURE, RESIDENCES D'ECRIVAINS, RENCONTRES…


Chasseur_de_primes_Bastard.jpgJe viens de recevoir du poète Joël Bastard un petit livre publié par La Passe du vent que je ne saurais trop conseiller à tous ceux qui, plus ou moins médiateurs culturels, organisateurs de résidences, d'ateliers d'écriture, de rencontres en librairies, médiathèques, centres culturels ou en milieu scolaire, attirent ou acceptent de recevoir des écrivains dans le cadre de politiques sur la pertinence comme sur l'efficacité desquelles on devrait peut-être parfois davantage s'interroger.

Intitulé très éloquemment Chasseur de primes, le livre de Joël Bastard attire l'attention avec une franchise fort peu courante dans le milieu, sur la réalité de certaines de ces opérations prétendument littéraires qui n'ont malheureusement pas toujours d'autre intérêt à ses yeux que de permettre à l'homme qu'il est de gagner, fort modestement, l'argent dont il a besoin pour vivre, en privant cependant parfois l'écrivain qu'il est aussi, de la nécessité de disposer librement de son temps.

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lundi 14 avril 2014

ALAIN DAMASIO. UN LIVRE BLEU POLYCHROME. OU LIRE POUR AFFIRMER LA VIE.


Il est réconfortant après avoir enduré les intarissables et nébuleux bla-bla de certains petits Narcisse institutionnels qui ne condescendent à aborder les questions qui les dépassent qu'avec l'ironique ou méprisant détachement qui fera d'eux toujours des goujats de la pensée, de pouvoir compter, chez soi, sur l'amitié de certains livres. Et de retrouver, auprès d'un auteur aimé, cet élan vital que le petit cirque culturel et ses insupportables simulacres semblent en partie conçus pour briser. Le recueil de nouvelles d'Alain Damasio, Aucun souvenir assez solide est de ces livres qui, en dépit du tableau des plus manifestement inquiétant qu'ils brossent de notre situation et de l'avenir que nous nous fabriquons, sont susceptibles de nous redonner cette force, cette impulsion si nécessaires pour ne pas renoncer à rester tout simplement vivants.

Il y aurait des pages et des pages à écrire pour rendre un peu compte du caractère inventif et stimulant de l'œuvre de Damasio. Qui mûrit ses livres sans être comme d'autres, obsédé par le rythme infernal des publications. Ce qui donne à chaque fois des ouvrages qui nous travaillent longtemps et dans les profondeurs. Je considère, pour sa puissance poétique, bien supérieure à celle de trop nombreux ouvrages réalisés par de purs poètes et pour la qualité des réflexions vers lesquelles il nous entraîne, sa Horde du contrevent comme un des romans majeurs de ces dix dernières années et attends avec impatience ses Furtifs qui devraient paraître sous peu.

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jeudi 3 avril 2014

RÉSISTER À LA TENTATION DE NE RIEN PERDRE DU MONDE. ALAIN DAMASIO


aucun-souvenir-assez-solide-Damasio.jpg"Conjurer le mouvement par la trace; l'évènement par sa prédiction; l'écart par les normes. Vouloir saisir et capter, compulsivement, les gestes, les pensées et les actes. Collecter et cumuler ce qu'on prélève. Vouloir surveiller, observer, entendre - partout, tout être, toute chose et tout le temps - être dieu.

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samedi 29 mars 2014

BROUILLONS. BROUILLONS. BROUILLONS ! NUAGES.


Sûr que le terme de "brouillons" par lequel on désigne ordinairement les divers états "brouillés" d'un texte avant leur mise définitive au net, "au propre" comme on disait autrefois dans les écoles, dispose mal à y reconnaître ce que très paradoxalement pourtant, il propose de compréhension lumineuse à cette double et trouble activité que constituent dans leur indissociable unité, l'écrire et le lire.

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