LES DECOUVREURS

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samedi 22 mars 2014

POURQUOI NOUS DEVONS LIRE BORIS GAMALEYA .

 Les éditions de l'Amandier nous ont récemment fait parvenir la dernière publication du grand poète réunionnais, Boris Gamaleya, Le Bal des hippocampes. Bien qu'âgé de plus de 80 ans et présentant à son actif de nombreux ouvrages, ce poète qui a pourtant fait l'objet, en 2004, d'un colloque international à l'initiative de l'UFR de Lettres de Nice, sous la responsabilité de Patrick Quillier, est encore largement méconnu, je ne dis pas du grand public qui s'intéresse toujours aussi peu à la poésie de son époque, mais du milieu même des poètes qui trouveraient cependant dans son œuvre de quoi confirmer en profondeur l'importance et la nécessité de leur engagement.

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dimanche 2 mars 2014

INSONDABLES SONDAGES ! DES CHIFFRES AU SECOURS DES LETTRES.


L'écrivain et poète François Boddaert qui sait de quoi il parle puisque, outre avoir été libraire à Sens, il dirige depuis plus de trente ans les éditions Obsidiane, a fondé en 1998 l'association interprofessionnelle Hélikon, et dirige même aujourd'hui une revue en ligne, Secousse, publie dans le tout dernier numéro de cette dernière un texte d'humeur en réaction à une sorte de sondage entrepris par le CRL Bourgogne, sondage prétendument destiné à venir en aide aux auteurs de cette belle région.

Nous conseillons à tous ceux que la question de l'efficacité des moyens que certaines de nos diligentes et attentives institutions mettent en œuvre, à grand renfort de papier, de brochures, de revues, de rapports, de colloques, de missions et de personnels de tous poils, pour favoriser la diffusion du livre et améliorer la condition des auteurs, de lire ce que François Boddaert pense de cette forme de sollicitude dont le résultat lui fait penser à la formule de Coluche: « Écrivez-nous pour nous dire ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » !

Notons aussi au passage, cette déclaration qui va bien sûr droit à notre cœur et se passe de tout commentaire :"On ne voit pas en quoi, ni comment, le remplissage chronique de ces inquisitrices demandes fera lire un seul livre, d’autant, et j’y insiste, qu’il n’y est jamais fait allusion à ceci : l’avenir du livre ne dépend que de ses prochains lecteurs, lesquels sont sur les bancs des écoles… Et il n’y a pas d’autre horizon possible."

dimanche 23 février 2014

LA POÉSIE AU COEUR DES ARTS. N'OUBLIEZ PAS LES PAYSAGISTES !


Le Printemps des Poètes dont on ne célébrera jamais suffisamment la belle vitalité, la capacité d'entrainement des volontés dont il fait preuve, a décidé de mettre cette année la Poésie au cœur des arts. Nous nous en réjouissons bien entendu. Depuis toujours la musique a partie liée avec la poésie. Qui est aussi danse. Qui partage avec le théâtre un même souci de la présence et de la voix. Et dont toute l'époque moderne a montré à quel point ses relations avec la peinture ont stimulé leurs créations qu'elles soient communes ou simplement réciproques. Peinture, théâtre, danse, musique on ne manquera donc pas de célébrer un peu partout ces fécondes alliances. Y intégrant ici ou là, le cinéma, la vidéo et la photographie. Et bien entendu, nous l'espérons cet art typographique dont des gens comme François Da Ros par exemple avec lequel nous avons travaillé repoussent quotidiennement les limites.

Il existe toutefois un art qui me paraît devoir être un peu négligé à l'occasion de cet évènement. Un art avec lequel pourtant, la poésie a depuis toujours principalement à voir : celui aujourd'hui bien reconnu du paysagiste.

C'est pour pallier cette injustice relative - car déjà tout un récent Printemps des Poètes y fut intégralement dédié - que nous nous sommes autorisé à publier le texte ci-dessous consacré aux relations étroites que nous voyons entre le travail des poètes et celui des paysagistes qui furent d'abord jardiniers.

Les amateurs de jardins et de paysages y croiseront (mais très vite) les figures de Le Nôtre comme de Michel Courajoud, celles de Mallarmé et du moine Strabon. Dans une réflexion où l'on ne saura plus très bien ce qui est du poète ou bien du jardinier. Du ciel ou de la terre. De l'apparente fermeture des tracés et de l'ouverture qu'ils créent.

Télécharger le PDF:
POETE_ARTISTE_JARDINIER.pdf

vendredi 21 février 2014

DE LA DIGNITÉ OU DE L'IDENTITÉ DE L'HOMME ? PIC DE LA MIRANDOLE.

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En cette période où de dangereux conglomérats d'individus prétendent avec l'appui irresponsable de certains politiques faussement ou réellement incultes réassigner à chacun la place "naturelle" qu'il est sensé occuper dans l'ordre du social, peut-être que rappeler ici le beau texte d'une des figures marquantes de notre Renaissance européenne ne sera pas superflu.

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vendredi 24 janvier 2014

DE L'ÉDUCATION À L'ÉDUCASTRATION. ENCORE M.J. MONDZAIN.


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Nous avons récemment fait référence à propos des divers dispositifs mis en place autour de ce qu'on appelle l'éducation culturelle et artistique à la nécessité de ne pas dissocier l'image de la parole si l'on entend réellement contribuer à la naissance d'un sujet libre et non d'un simple consommateur, qu'il soit averti ou non.

Nous proposons aujourd'hui de découvrir ce qu'écrit justement Marie-José Mondzain dans Homo spectator, qui vient de ressortir chez Bayard, au sujet de ce qu'on appelle comiquement, selon elle, l'éducation culturelle ou l'éducation artistique. Le passage que nous citons est tiré du début de la seconde partie de son livre intitulé précisément Une affaire de langue.

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vendredi 10 janvier 2014

TERRITOIRES DE L'IMAGE. NÉCESSITÉ DE LA PAROLE. M.J. MONDZAIN


 Réduite à la simple vision, l'image ne se partage pas. C'est pourquoi nous nous inquiétons de voir tant de plans généreux, tendant de plus en plus à faire intervenir, en direction des territoires, des artistes de tous ordres, continuer à faire l'impasse sur ces formes essentielles d'art que sont la poésie et la littérature.

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lundi 6 janvier 2014

LES DÉCOUVREURS ADHÈRENT À L'ASSOCIATION POUR LA CRÉATION D'UNE CITÉ INTERNATIONALE DE LA LITTÉRATURE

Les Découvreurs sont depuis longtemps bien persuadés que l'école, comme la société, pour ne rien dire de la politique actuelle en faveur de l'éducation artistique et culturelle, oublient un peu trop largement que la littérature est un art. Un art toujours vivant des mots. Et de la langue. Qu'elle contribue à renouveler. A adapter. Aux formes de pensées et aux interrogations que notre présence toujours précaire au monde, notre exigence encore, d'une vie plus vraie, plus juste aussi, plus pleine, requièrent avec de plus en plus de gravité. D'urgence.

C'est pourquoi nous ne pouvons que partager ce vœu porté par ces écrivains qui dans une tribune du Monde des Livres du vendredi 20 septembre 2013, se sont associés pour réclamer la fondation, à Paris, d’une Cité Internationale de la Littérature.

On trouvera l'intégralité de cette tribune accompagnée d'un bulletin d'adhésion en activant le lien suivant: POUR_UNE_CIL.pdf

lundi 2 décembre 2013

POÉSIE ÉLITISTE CONTRE POÉSIE POPULAIRE ?


Il n'est pas de jour sans que nous n'entendions au hasard des publications, des rencontres, des retours qui nous sont faits à propos de notre travail, s'exprimer le regret que la poésie ne soit pas aujourd'hui plus visible, plus accessible. Et cela serait de nature à nous réconforter si nous ne voyions pas parallèlement que le désir de certains de populariser cet art quand même un peu exigeant de la parole, n'aboutit en fait qu'à tenter de l'affadir, de le "prostituer" dans des manifestations du type de lancers de ballons ou autres confitures gentiment cuculturelles!


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jeudi 28 novembre 2013

COMPRENDRE LA LECTURE: UN JE D'ENFANT ?

HENNER_Portrait_du_neveu_de_l_artiste.jpgIl y a deux ou trois ans est paru aux éditions Taillandier, un petit livre merveilleux de l'émérite Professeur Michel Zink, spécialiste de littérature médiévale et aujourd'hui Secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Cet ouvrage, à la couverture et au graphisme qui fleurent bon l'école en blouse grise des livres recouverts à la main et des étiquettes calligraphiées à la plume Sergent-Major, porte un titre provocant: Seuls les enfants savent lire, inattendu dans la bouche de ce savant philologue dont l'un des premiers ouvrages ne s'intéresse ni plus ni moins qu'à la Prédication en langue romane avant 1300 !
Nous nous réjouissons d'en faire connaître ici quelques extraits qui donneront sûrement envie d'en découvrir davantage.

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mardi 26 novembre 2013

"S'ÉBROUER DANS LE PLEIN DES LIVRES ! "


Ayant récemment découvert, grâce à l'inaltérable vigilance de Florence Trocmé et ses notes toujours passionnantes du flotoir, le travail de Judith Schlanger sur la lecture, nous encourageons aujourd'hui quiconque sera persuadé de l'importance des lectures braconnages à lire à son tour ce beau récit d'aventures de lecture qu'est La lectrice est mortelle, parue il y a quelques mois aux éditions Circé. Judith Schlanger qui s'est plu jadis à exhumer les racines de l'invention intellectuelle semble depuis quelques ouvrages se passionner pour l'univers particulier des livres y recherchant par exemple comment des vocations, des existences trouvent à s'affirmer dans leur pratique, à chaque fois singulière. C'est ainsi qu'on découvrira, à propos de l'Âme enchantée de Romain Rolland, qu'on ne lit plus guère aujourd'hui, mais dont la place peut-être occupée par bien d'autres ouvrages, comment "des livres faibles et bourrés de clichés" disposent cependant du pouvoir de nous aider et de nous enseigner à vivre.

Nous retiendrons, par ailleurs, de la lecture de La Mémoire des œuvres, paru chez Verdier en 2008, ce propos qui rejoint la philosophie propre des Découvreurs et nous semble de nature à faire comprendre à chacun - élèves, professeurs, médiateurs, auteurs - l'importance de son action pour rendre, la littérature présente et en prolonger la nécessaire énergie vitale: "Les lettres ne sont pas avant tout une bibliothèque et un héritage, ce qui est déjà là et qu'on reçoit. Elles sont d'abord un champ actif où il arrive quelque chose à tout moment et ce qui naît à l’existence voudrait subsister. Assurément le trésor a besoin qu’on l’habite, qu’on le contemple, qu’on le savoure ; mais le geste essentiel est de faire exister. Faire, fabriquer, produire, donner l’être, continuer. L’activité poétique, en ce sens actif plutôt qu’esthétique du terme, est au cœur des lettres comme sa respiration indispensable."

dimanche 10 novembre 2013

POUR UN VAGABONDAGE: SUITE 2


La Sevante. William McGregor Paxton (June 22, 1869 – 1941) was an American Impressionist painter. Espaces buissonnants de la lecture:
On rappellera ici les remarquables approches - qui devraient éclairer plus d'un pédagogue sur ses pratiques - de l'historien Michel de Certeau telles qu'il les formule dans l'Invention du quotidien ( voir dans la collection Folio Essais, l'Introduction Générale, p. XLVIII et suiv.). Je pense à sa notion de "lecture braconnage" dont il faut bien admettre qu'elle ne saurait se substituer à des lectures de type savant, autorisé, mais dont il faut savoir qu'elle représente la forme la plus naturelle, plaisante, enrichissante, inventive aussi, vitale, de relation avec le texte. Sans du tout renier, j'insiste, l'importance des pratiques savantes, il serait bon qu'à l'école ces dernières ne prennent pas trop vite et trop largement le pas sur ces lectures d'appropriation, remuantes et un peu vagabondes que le fin pédagogue devrait encourager de manière à en approfondir et affiner les procédures.

POUR UN VAGABONDAGE: SUITE 1


Les notes qui suivent visent à compléter le billet récemment paru qui plaidait pour une approche plus libre à l'école, de la lecture. Débarrassée des grilles artificielles d'analyse. Et de sa croyance, semble-t-il toujours trop prégnante, que le texte contient à l'intérieur de lui un sens, un sens objectif, comme définitif, qu'il s'agirait de commencer d'abord par découvrir et qui serait le même pour tous.

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jeudi 7 novembre 2013

PRATIQUER AUTREMENT LA LECTURE: POUR UN VAGABONGAGE

Il y a quelque chose du cheminement curieux, aventureux, profondément passionnel, mis en oeuvre par la découverte en voyage d'une ville étrangère, dans la lecture du texte littéraire. Principalement du texte poétique, cet espace signifiant, toujours un peu dépaysant qui constitue par rapport aux pratiques bien ancrées, situables, de la communication ordinaire, un ailleurs déroutant, remuant, de la langue.

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