LES DECOUVREURS

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 20 février 2015

JACQUES DARRAS ET LE POÈME D'ACTUALITÉ.

Jacques Darras vient de publier au Castor Astral dans la collection "Les Passeurs d'Inuits", un nouveau livre de poèmes au titre dont il a le secret: Blaise Pascal et moi dans la voie lactée. Comme le savent les lecteurs de ce blog, nous aimons Jacques Darras, pour, entre autres multiples raisons, la générosité de son écriture, la capacité qu'elle a de nous donner une plus vive et large intelligence du monde tout en nous réaccordant, de manière jubilatoire, à la vie.

Dans ce nouvel opus, comme on dit, Jacques Darras, sans rien oublier de la vaste culture dont il se nourrit, ni rien abandonner de ses exigences, nous livre une poésie d'au jour le jour, de primesaut, qui prouve une fois encore la relation étroite que la parole poétique ne peut manquer d'entretenir avec les mille et une sollicitations de l'existence quotidienne. Avec ce qu'on pourrait aussi appeler cette actualité qui n'est toutefois pas celle toute plate et finalement vide des journaux mais celle qui, courant à l'intérieur de nous, bruit, s'amplifie, traverse, emplie qu'elle est de tous ces présents du monde qu'y accueillent conscience et sensibilité, tenues constamment en alerte.

À preuve ce poème écrit suite à une intervention, un lendemain d'élection, au lycée Carnot de Bruay La Buissière :

JACQUES_DARRAS_BRUAY.pdf

jeudi 12 février 2015

INSURRECTION POÉTIQUE. DES TEXTES POUR FAIRE TOMBER LES MURS !

Vladimir_MAIAKOVSKI.jpg

Il existe en chacun un désir de mots ou pour mieux dire un désir de parole. Mais ce désir se heurte le plus souvent aux grands murs des clichés, des modèles, des règles, par lesquels on se sent le plus souvent écrasé, incapable ou débile.

Les Découvreurs vous soumettent aujourd'hui quelques propositions de textes pas trop conformistes capables de vous aider à faire tomber les murs !

TELECHARGER :

TEXTES_POUR_FAIRE_TOMBER_LES_MURS.pdf

mardi 3 février 2015

UNE PENSÉE DE TOUT LE CORPS.

Il y a dans un musée de Londres « la valeur d'un homme » : une longue boîte-cercueil, avec de nombreux casiers, où sont de l'amidon — du phosphore — de la farine — des bouteilles d'eau, d'alcool — et de grands morceaux de gélatine fabriquée. Je suis un homme semblable écrit dans une lettre de 1867 le poète Stéphane Mallarmé à Eugène Lefébure, son ancien condisciple du lycée de Sens, après avoir remarqué qu'a contrario, pour être bien l’homme, la nature se pensant, il faut penser de tout son corps, ce qui donne une pensée pleine et à l’unisson comme ces cordes de violon vibrant immédiatement avec sa boite de bois creux.

Lire la suite...

dimanche 25 janvier 2015

OUVERTURE DU POÈME.

Le monde est mon lieu dit le poème. Langage est horizon. C'est par ces deux courtes phrases que Lionel Ray a encadré le livre qu'il vient de publier aux éditions Al Manar, sous le titre De ciel et d'ombre. Pourtant jaillie de l'intériorité, reposant tout entière sur la voix, la voix fragile et forte du frisson et des frémissements, l'œuvre inquiète de Lionel Ray comme je l'écrivais à propos de Matière de nuit ne demeure pas enfermée dans les limites étroites du moi. Elle rappelle au contraire combien dans ses profondeurs intimes la parole poétique est orientée vers l'ouvert et l'accidentel. À quel point, pour elle, les mots sont semblables à des mains. Qui se ferment et s'ouvrent. Impuissantes sans doute à toujours retenir voire à clairement désigner tout cela qui existe et avive. Mais au moins tendues vers.

Lire la suite...

dimanche 18 janvier 2015

IMPOSTURES. LES CHAUDRONS FONT DU BRUIT.


Allez, c'est reparti. La grossière bêtise est de retour. À supposer, et c'est se montrer optimiste, qu'elle ait su un seul instant se contrôler. Le pseudo-poète imbécile T. Deslogis sur un site prétendument culturel qui lui confie une partie de son espace, crache sur les poètes qui n'ont pas su, comme lui, se montrer à la hauteur des évènements qui viennent d'endeuiller notre pays. Il suffira aux amateurs d'insanités prétentieuses de lire le grossier tissu de clichés malpropres par lesquels cet individu prétend nous éclairer sur ce qui pourtant devrait susciter la mise en œuvre de toutes les ressources de notre intelligence sensible, pour constater une nouvelle fois que la poésie comme puissance réelle de transformation et d'élargissement du monde a tout à perdre en se prostituant, pour quelques clics ou quelques like aux medias que n'encombre aucun souci d'exigence intellectuelle et artistique. Je m'en suis à plusieurs reprises, je crois, suffisamment expliqué sur ce blog pour qu'il soit utile d'y revenir aujourd'hui.

Lire la suite...

mardi 13 janvier 2015

HERBES ET MURS. OÙ CONDUISENT LES ÉVIDENCES ?

Grande_touffe_d_herbes_de_Durer.jpg
Est-ce le pré que nous voyons, ou bien voyons-nous une herbe plus une herbe plus une herbe? Cette interrogation que s'adresse le héros d'Italo Calvino, Palomar, comment ne pas voir qu'elle est une des plus urgentes que nous devrions nous poser tous, aujourd'hui que, du fait des emballements et des simplifications médiatiques souvent irresponsables, risquent de fleurir les plus coupables amalgames, les plus stupides généralisations et les fureurs collectives aveugles et débilitantes. C'est la force et la noblesse de toute l'éducation artistique et littéraire que de dresser, face à tous les processus d'enfermement mimétique, la puissance civilisatrice d'une pensée attentive, appliquée au réel, certes, mais demeurée profondément inquiète aussi de ses supports d'organes, de sens et de langage.

Lire la suite...

dimanche 11 janvier 2015

DIMANCHE 11 JANVIER 2015.


E_GLISSANT.jpg

mercredi 31 décembre 2014

CHANGER LA VIE. L'ARMÉE DES PAUVRES POÈTES.


Réponse au désastre des temps. Invention d'une relation farouchement affranchie avec le grand déconstruit toujours mal reconnu des choses. Sursaut de l'être confronté à l'effondrement manifeste autour de soi des vastes énergies vraies. Manière unique alors de s'éprouver vivant dans un environnement humain devenu mortifère. Sans compter les bonheurs et plaisirs qu'accorde le fait de s'ébattre dans les mots. Se baigner dans la langue. Dans son inépuisable fertilité. Sa constante et merveilleuse prodigalité… Oui tout cela, comme nous le rappelle l'ouvrage que viennent de réaliser Béatrice Bonneville- Humann et Yves Humann en donnant la parole à une vingtaine de poètes, dit bien à quelles nécessités répond toujours aujourd'hui la poésie. Et en quoi elle demeure et demeurera longtemps encore et pour chacun potentiellement indispensable.

Lire la suite...

vendredi 12 décembre 2014

CENDRARS. LA GUERRE AU LUXEMBOURG.

Nous proposons aujourd'hui de redécouvrir le long poème de Cendrars écrit par ce dernier au lendemain de son amputation. La guerre au Luxembourg qui évoque avec une douloureuse empathie la manière dont les enfants de 14, exaltés par la propagande rejouent avec bonheur la guerre qui au même instant dévaste la vie d'un bon nombre des membres de leurs familles, devrait intéresser tous ceux qui ne se résignent pas à voir comme dirait Baudelaire les délires officiels troubler le cerveau des solitaires les plus forts.

LA_GUERRE_AU_LUXEMBOURG.pdf

vendredi 5 décembre 2014

UN POÈTE CHINOIS POUR AUJOURD'HUI: YU JIAN.

YU_JIAN.png
Nous français, sommes réputés pour très mal connaître les langues. Que dire alors de notre connaissance des poésies dîtes étrangères! Pourtant nous serions bien inspirés de nous y plonger davantage tant certains textes portés à notre connaissance par d'intrépides éditeurs et de non moins courageux et talentueux traducteurs nous semblent de nature à revivifier notre relation à ce genre, déçue parfois par des productions nationales un peu trop cérébrales .

L'accueil réservé cette année à l'extraordinaire ''Kala Ghoda'' du poète indien Arun Kolatkar dans les établissements qui participent à la dix-septième édition du Prix des Découvreurs constitue bien une preuve de la capacité d'accueil des publics scolaires, élèves et professeurs confondus, qui savent reconnaître quand une œuvre est porteuse d'une énergie vraie qui nous rend à la fois plus humains et plus forts. Le beau livre aussi de Sylvie Kandé, ''la Quête infinie de l'autre rive'' , qui nous obligeait à repenser totalement la psychologie du migrant africain, son histoire, sa culture et ses rêves en fut l'année passée malgré sa relative complexité un autre impressionnant exemple.

Lire la suite...

jeudi 4 décembre 2014

POEZIBAO A 10 ANS !

C'est un indispensable. En matière de poésie contemporaine, qu'elle soit française ou étrangère, POEZIBAO, le site exceptionnel créé et animé par Florence Trocmé, est devenu pour celui qui désire découvrir en ligne et s'informer, tout aussi nécessaire que WIKIPEDIA. Depuis sa fondation en 2004 ce sont en effet plusieurs millions de pages qui y auront été consultées. Soit près d'un millier par jour.

Surtout, ce sont plusieurs milliers d'articles pour lesquels Florence aura su, au fil des ans, s'entourer, pour en filtrer le meilleur, des plus fins connaisseurs, pour la plupart eux-mêmes poètes. Car il ne s'agit pas de publier des pages pour publier des pages et d'attirer le visiteur par un effet quantitatif pur. L'attention que Florence Trocmé accorde à la poésie est une attention vraie. Qui, comme le montre aussi son Flotoir, son journal personnel de bord, la porte justement loin des puissants courants transindividuels d'occupation de l'esprit qui cherchent à canaliser chacun de nos contenus de pensée et finissent aujourd'hui par décider de nos choix culturels prétendument les plus libres.

Les Découvreurs souhaitent donc bon anniversaire à POEZIBAO. Et lui disent un grand merci pour avoir tant contribué à maintenir et à développer, dans le contexte si peu favorable que nous connaissons, cette relation profonde, vaste, immergée, avec ce qu'est la poésie prise dans son opacité singulière certes, mais aussi rassemblée, révélée, dans sa capacité unique d'oxygénation et de réappropriation de ce qui fait la vie. La vie toute.

lundi 24 novembre 2014

UN IMMENSE APPRENTISSAGE À LA BONNE LECTURE. PÉGUY.

Plutôt que de me laisser aller à dire tout le dégoût que j'éprouve pour une société capable de laisser se diffuser des images comme celles que des promoteurs touristiques ont eu l'indécence de proposer pour inciter les foules envoûtées comme obscurcies d'aujourd'hui à VIVRE comme ils disent l'expérience des tranchées de la Meuse, j'ai préféré, dans le prolongement d'un récent billet consacré à la redécouverte de Charles Péguy, inviter les lecteurs à prendre connaissance du beau passage que le philosophe et sociologue Bruno Latour a consacré à cet auteur si injustement méprisé. Par son intelligence et son total engagement de pensée Charles Péguy a, lui, de quoi nourrir chez ceux qui savent résister aux idées toutes faites et aux embrigadements faciles, de véritables expériences de vie.

J'extrais donc du texte de Bruno Latour que chacun pourra télécharger ici cet intéressant passage qui dans sa partie finale expose une conception vivifiante de la lecture que nous ne saurions trop recommander aussi à nos fidèles Découvreurs de méditer.

Lire la suite...

lundi 17 novembre 2014

LIRE NOS CONTEMPORAINS: DÉCOUVRIR LE PROJET I -VOIX DU LYCÉE DE L'IROISE !


Il semble heureusement s'éloigner le vieux temps où l'étude de la poésie pouvait relever dans les classes d'un acharnement herméneutique parfois si implacablement ténébreux qu'il en détournait à tout jamais la plupart des élèves de ce genre pourtant si nécessaire et civilisateur. Aujourd'hui le professeur qui s'emploie moins à tenter de mettre en évidence l'hypothétique intentionnalité de l'œuvre permet davantage à l'apprenti lecteur de s'interroger plus en profondeur sur ce que cette dernière lui fait.

Lire la suite...

dimanche 9 novembre 2014

CES POÈMES NE ME LAISSENT PAS DORMIR !


Difficile de faire comprendre parfois que mon attachement au contemporain n'est en rien exclusif d'une profonde admiration que je voue aux grands écrivains du passé. Aussi pensé-je utile aujourd'hui de publier la réaction qu'un texte peut-être un peu rapide d' Antoine Emaz a suscité chez moi il y a quelque temps et que j'avais gardé dans le tiroir par amitié pour ce poète dont je connais par ailleurs si bien, l'ouverture et la profonde sensibilité à la chose poétique.

Je dédie ce billet aux élèves de Catherine Tall que je viens de rencontrer pour parler avec eux des voies et voix si diverses empruntées par la poésie contemporaine. Ainsi qu'aux élèves de Suzanne Sourget et d'Isabelle Vichery qui se sont montrés si accueillants lorsque Gisèle Bienne et moi les avons rencontrés pour évoquer la figure de Blaise Cendrars.

Lire la suite...

dimanche 2 novembre 2014

POIDS DE LA POÉSIE ?


DAUMIER_LECTURE_D_UN_POEME.JPGMe trompe-je, ou pour reprendre le célèbre diagnostic jadis posé par le poète anglais Wordsworth dans sa préface aux Lyricals ballads de 1800, un certain nombre de nos poètes tendent aujourd'hui vers une poésie s'affichant de plus en plus comme une mascarade bariolée de tours de passe-passe, (…) de hiéroglyphes et d'énigme? Ne sont-elles pas de moins en moins nombreuses, parmi les voix qui comptent (je ne parle naturellement pas de celles qu'il m'arrive d'étriller pour leur revendicative indigence) celles que semble toujours préoccuper le vœu de Canetti de maintenir ouverts les accès entre les êtres et qui se montrent soucieuses, pour reprendre un mot cette fois de Salah Stetié, de la comestibilité de leur écriture.
Bien entendu, je n'ignore pas que la poésie est une forme particulière et exigeante de parole. Que plus le langage ordinaire, collectif, s'affadit, se délite, se prostitue même sous l'influence des poisons de nos sociétés technico-commerciales dont la visée n'est autre que l'asservissement de chacun au monde devenu marchandise, plus la poésie ne peut s'éprouver que comme une forme active de résistance dont l'écart avec les parlers médiatiques ne peut que s'élargir. Est-il cependant bien normal que tant de poètes, soient aujourd'hui à nos propres oreilles, pourtant attentives, relativement inaudibles. Ou simplement ennuyeux, du fait du caractère trop visiblement fabriqué, inutilement compliqué, un brin prétentieux et surtout émotionnellement affecté ou avare, de leur œuvre.

Lire la suite...

mercredi 15 octobre 2014

LA FOLIE-SAVITZKAYA

E._SAVITZKAYA.pngAfin de contribuer à faire découvrir au plus grand nombre et principalement au milieu scolaire des auteurs de notre temps trop souvent ignorés des grands circuits médiatiques nous revenons aujourd'hui sur l'œuvre d'Eugène Savitzkaya qui fut le lauréat de l'édition 2004 du Prix des Découvreurs. Parmi les nombreux livres de cet auteur, nous avons un faible pour Fou trop poli, paru en 2005 aux Éditions de Minuit, dont nous redonnons ici l'article que nous lui avons consacré dans la Quinzaine littéraire.

On trouvera à la fin de cet article un dossier téléchargeable contenant l'entretien que nous avons eu avec l'auteur lors de la remise de son prix ainsi que des liens et quelques extraits d'œuvre.''

Par son caractère foisonnant de tentative d’écriture de toute une vie, Fou, trop poli, peut être si l’on veut, un roman. Mais, par la brièveté ainsi que par la densité des chapitres, c’est aussi de la poésie sans vers. Du théâtre sans représentation. Une autobiographie fuyante. Un pamphlet merveilleux. Un tombeau sans douleur. Une douleur sans tombeau. C’est aussi un jeu presque oulipien avec le vocabulaire où pourtant se reconnaît à chaque pas la riche, bien fumée, personnalité terrestre et terrienne de ce wallon de Liège et de ce bruxellois d’Uccle qu’est Eugène Savitzkaya.

Lire la suite...

samedi 11 octobre 2014

DU POUVOIR ET DE L'IMPUISSANCE DES MOTS.

A._BOURGAIN.jpgLibre de l’obscure menace d’un étroit tombeau. On ne sait d’où vient cette phrase qu’on lit sur l’une des plaques scellées aux murets de ciment bas qui entourent pas trop joliment à Boulogne-sur-Mer, le Calvaire des marins qui domine le port. Une belle herbe dense régulièrement entretenue repose d’abord les yeux, jette en direction de l’horizon sa grande nappe végétale qui fait paraître en contrebas de la falaise, le sable plus tranquille, l’eau dans le ciel plus calme.

Lire la suite...

jeudi 2 octobre 2014

FADWA SOULEIMANE, PREUVE DE LUMIÈRE ET DE NUIT.


A_LA_PLEINE_LUNE_F_SOULEIMANE.jpgÊtre une preuve de lumière et de nuit. Tel serait si l'on en croit le grand poète d'origine syrienne, Adonis, l'état le plus haut de la poésie. Et c'est dans cette perspective, sans doute, qu'il faut lire le livre de sa jeune compatriote Fadwa Souleimane, que les toutes neuves éditions du Soupirail viennent de faire paraître sous le titre A la pleine lune.

Il y a des pays où vivre une vie simple, libre, parmi les siens ne va pas de soi. Où tout conspire au contraire à vous défaire de votre humanité. Vous déposséder du sentiment de votre vérité. Où chaque plongée dans la réalité vous entraîne un peu plus dans l'évidence de l'absurdité et de la folie du monde.

Lire la suite...

lundi 29 septembre 2014

CHARLES PENNEQUIN. POUR UN RETOUR DE PÉGUY !


charles-peguy-dans-nos-lignes.jpg Il est des auteurs qu'on ne connaît, pour reprendre la célèbre expression d'André Breton au début de son Ode à Fourier, que de vue. Qu'à travers des anthologies. Que dis-je? Simplement parfois qu'à travers la pauvre caricature qu'en fournit la pensée culturelle dominante souvent pas plus informée que vous. Les rencontrer un jour, en chair. Dans leur chair d'écriture. Dans leur chair de pensée. Dans leur chair de pensée-écriture. Peut produire un sacré choc. Qui ne peut que conduire à un surcroit de défiance envers toutes les fameuses réputations dont notre brimbalant monde intellectuel accompagne ce qu'il croit être son avancée. À coups de jugements à la serpe. Encensant et gâtant les uns. Equarrissant les autres. En fonction trop souvent du degré de prospérité ou de la capacité d'esbroufe des premiers. Du caractère peu moderne ou contrariant, des seconds.

Lire la suite...

jeudi 25 septembre 2014

RONCIER DE STÉPHANIE FERRAT À L'ATELIER LA FEUGRAIE.


RONCIER_S_FERRAT.JPGRoncier. Non, le livre de Stéphanie Ferrat que vient de publier l'Atelier La Feugraie, ne se veut pas impénétrable. Et même s'il se compose de nombreuses formules qui lui paraîtront plus ou moins énigmatiques, il ne cherche pas non plus à se protéger de son lecteur par de durs aiguillons. Certes, il y a quelque chose de sauvage et de hérissé dans la poésie de Stéphanie Ferrat qui emprunte d'ailleurs à la nature proche, herbes, prés, arbres, forêts, nuages, ciels, et bêtes et troupeaux, une bonne part de ses éléments ou de son matériel poétique, mais c'est que ce poète cherche davantage à se livrer toute entière à l'expérience brute, éclatée, de la présence, celle qui nous relie sans aucun discours aux choses, qu'à tenter de se rassembler dans une histoire, ou dans une pensée. Ainsi, quêtant, presque animalement, les mots venus "directement du vivant", des ouvertures "laissant passer le monde", la poésie de Stéphanie Ferrat est porteuse d'une ambition qui pourra paraître extrême. Mais dont elle a conscience. Dont elle vit. En soulignant d'ailleurs à l'occasion, sa radicale impossibilité: "il y a le devoir des signes/ le fond de la terre jamais atteint/ le feu, cette partie du rituel// il y a aussi le crâne / attaché aux nerfs plus bas// la pioche// manche planté dans l'inquiétude".

Lire la suite...

- page 2 de 6 -