LES DECOUVREURS

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lundi 22 septembre 2014

ÉCART OU DE LA FOLLE PRÉTENTION DES POÈTES RATÉS.


UN_POETE_DAUMIER.jpgLes récriminations incessantes des ratés m'excèdent. Parmi elles il en est que je supporte moins encore: celles de ces poètes qui n'ayant rien à dire, rien à nous faire éprouver qu'une profonde commisération pour leur piètre maîtrise, s'offusquent de l'absence d'écho que suscite dans les media leurs œuvres ridicules. Je ne sais qui est ce T. Deslogis dont j'ai découvert il y a quelque temps qu'il nourrissait l'ambition de sauver l'humanité humaine (sic) en publiant chaque jour un poème de sa composition dans un quotidien qui aurait l'intelligence de lui ouvrir enfin ses colonnes! Mais en matière de dénonciation quant au scandale qu'il y a à frustrer le bon Peuple de sa voix immortelle, ce monsieur ne fait pas dans la dentelle et il semble que son obstination tout comme l'aveuglement de certains de ceux à qui il s'adresse, paient: chacun peut désormais régulièrement se délecter sur le site d'une revue dédiée à la culture, d'un poème de M. Deslogis traitant d'une actualité aussi capitale que le fut, par exemple, la récente sortie d'un ouvrage signé par une Dame Trierweiler !

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samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

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mercredi 3 septembre 2014

FLUIDES EN MOUVEMENTS. SUR JEAN TARDIEU ET LA LECTURE.


Portrait_ramolli_Tardieu_par_Pol_Bury.png.jpgNB: Nous devons le déclenchement de ce billet au flotoir de Florence Trocmé que nous ne saurions trop recommander pour toutes les découvertes de lectures à y faire. À travers le prisme d'une intelligence active et réactive. En constante interrogation.


Dans une réflexion que l'on trouvera dans les premières pages du Miroir ébloui, (Gallimard, 1993) qui réunit la plupart des textes qu'il a écrits sur l'art et les artistes, Jean Tardieu évoque ce vertige du regard que suscite chez lui la rencontre avec certaines œuvres picturales, cette façon ambiguë qu'elle a, tout à la fois, de nous déranger et aussi de nous combler. C'est qu'en remuant la poussière de nos habitudes mentales (…) les formes, les couleurs, les sons qui nous fascinent (…) réveillent la splendeur des images, le murmure des rumeurs ensevelies au fond de notre mémoire obscure. Et c'est bien, selon lui, dans le trouble de cette expérience à la fois intime et profonde que doit se chercher la vocation essentielle de l'œuvre, aux antipodes de toutes les conceptions académiques de l’Art, avec ses notions périmées de l’« imitation » du réel, de la domination d’une « beauté ».

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mardi 2 septembre 2014

PRIX DES DÉCOUVREURS 2014-15. TÉLÉCHARGER LE DOSSIER.


DECOUVREURS_2014-15.JPGNous avons le plaisir de mettre aujourd'hui en ligne le dossier de la 17édition du Prix des Découvreurs. Ce dossier contient toutes les informations nécessaires pour y faire participer les élèves de troisième à la terminale. Quels que soient leur filière, leur niveau ou leur académie d'origine. On y trouvera aussi des extraits substantiels et des notes de lecture, nous l'espérons, éclairantes.

Participer au Prix des Découvreurs n'est pas simplement l'occasion de découvrir un peu le monde malheureusement trop caché de la poésie actuelle, c'est aussi l'occasion de s'engager dans une autre pratique de la lecture, faite essentiellement de liberté, de partage et d'ouverture à toutes les sensibilités.

DOSSIER_DECOUVREURS_2014-15_-_Copie.pdf

mercredi 13 août 2014

MUSÉES METZ. CERTES PAS QUE POMPIDOU !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA C’est entendu. Les musées ne sont que des prisons. Pire : de vastes cimetières d’œuvres mortes. Et notre époque est à cet égard nécrophile qui vient y jeter par troupeaux de plus en plus considérables ces forçats culturels qui en rendent d’ailleurs la visite trop souvent insupportable.

Le complexe de musées de Metz, dits de la Cour d’or, échappe heureusement encore à ces foules sérieuses, conditionnées, auxquelles on n’a pas encore imposé de se perdre dans ces deux kilomètres et demi de salles. Dans ce peu banal enchâssement de musées remarquables, à condition qu’on s’y rende sans attente particulière et surtout, répétons le, sans y être porté par le sentiment de redoutable obligation qui semble désormais de règle, rien n’empêche donc l’esprit, la curiosité étonnée et active de redonner de la vie, une autre vie mais de la vie quand même et pour soi, à ces adoucis, raccourcis, voire déloyaux, dépôts du temps qui, comme disait naguère l’idiotie collective, quelque part toujours, nous interpellent.

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vendredi 11 juillet 2014

VOYAGES À SAINT-MAUR DE JEAN-LOUIS GIOVANNONI.


VOYAGES_A_SAINT_MAUR.jpg"Mon enfance fait partie de ces choses dont je sais que je ne sais pas grand-chose. Elle est derrière moi, pourtant elle est le sol sur lequel j'ai grandi, elle m'a appartenu, quelle que soit ma ténacité à affirmer qu'elle ne m'appartient plus. J'ai longtemps cherché à détourner ou à masquer ces évidences, m'enfermant dans le statut inoffensif de l'orphelin, de l'inengendré, du fils de personne. Mais l'enfance n'est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d'Or, mais peut-être horizon, point de départ, coordonnées à partir desquelles les axes de ma vie pourront trouver leur sens. Même si je n'ai pour étayer mes souvenirs improbables que le secours de photos jaunies, de témoignages rares et de documents dérisoires, je n'ai pas d'autre choix que d'évoquer ce que trop longtemps j'ai nommé l'irrévocable; ce qui fut, ce qui s'arrêta, ce qui fut clôturé: ce qui fut sans doute, pour aujourd'hui ne plus être, mais ce qui fut aussi pour que je sois encore."

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samedi 5 juillet 2014

LUCIEN SUEL DANS LE JARDIN DU MONDE.

je_suis_debout.gifDans un récent billet, j'évoquais Je suis debout le dernier livre de Lucien Suel, sélectionné dans le cadre du Prix des Découvreurs 2014-2015. J'y mettais essentiellement l'accent sur la pluralité et l'inventivité des formes mises en œuvre dans ce livre qui, en réponse à des sollicitations fort diverses, rassemble des textes écrits sur une assez longue période. Je voudrais aujourd'hui rendre davantage justice au caractère proprement extraordinaire et merveilleusement poétique de la démarche de cet auteur qui s'affirme aujourd'hui comme l'un des plus nécessaires en ce qu'il réaffirme visiblement la possibilité pour notre poésie de demeurer ce lieu majeur à partir duquel il nous est offert de nous éveiller vraiment au monde.

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vendredi 27 juin 2014

JACQUES PAUTARD. LE SOLEIL N'EST JAMAIS SI BEAU QU'UN JOUR OÙ L'ON SE MET EN ROUTE.

Jacques_PAUTARD_couverture.jpgLes éditions Arfuyen viennent de publier le premier livre de poésie de l'écrivain comtois Jacques Pautard. Pour Gérard Pfister, son éditeur qui nous l'a fait découvrir, il s'agirait là du "premier poète beatnik de langue française". Sans nous prononcer sur la validité d'une telle assertion, il nous a paru juste d'aider un peu ici à la reconnaissance d'un auteur dont la nature fortement éprouvée et sincère de l'œuvre fait oublier son caractère parfois un peu chaotique. Grand chœur vide des miroirs intéressera quiconque aura vu dans l'appel de la route, ne serait-ce qu'un seul jour, l'occasion de "ne respirer que de l'air, de provoquer l'espace et le temps du flux ronflant de son seul sang", de se réinventer frère toujours émerveillé de l'auteur de Ma bohême et du Cabaret vert. Voire, du Narrateur des Grands Chemins de Giono à qui nous empruntons le titre de ce billet.

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jeudi 19 juin 2014

ENJEUX DE LA POÉSIE. JE SUIS DEBOUT DE LUCIEN SUEL.


suel-compo.jpgDésireux d'évoquer aujourd'hui ''Je suis debout'', le dernier livre de Lucien Suel paru à la Table ronde et sélectionné pour le Prix des Découvreurs 2014-2015, je ne me hasarderai pas à tenter de définir la personnalité de cet auteur qui étonne ici par la grande diversité à la fois de ses thèmes et des formes d'écriture qu'il fait momentanément siennes. Sommes-nous ce que nous écrivons? Sommes-nous ce que nous retenons, filtrons dans nos écrits, du monde ? Pas sûr qu'une telle question trouve un jour de réponse certaine.

En fait, nous ne lisons pas vraiment pour, comme on dit, découvrir un auteur. Mais pour, à travers lui, nous découvrir nous-mêmes. Voire, nous inventer de nouvelles dispositions d'être. Nous imaginer d'autres occasions d'être au monde. D'autres possibles aussi de la parole. Comme l'écrit Marielle Macé, dans son livre majeur, Façons de lire, manières d'être, "les formes que les livres recèlent ne sont pas inertes, ce ne sont pas des tableaux placés sous les yeux des lecteurs mais des possibilités d'existence orientées. L'activité de la lecture nous fait éprouver à l'intérieur de nous ces formes comme des forces, comme des directions possibles de notre vie mentale, morale ou pratique, qu'elle nous invite à nous réapproprier, à imiter, ou à défaire."

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dimanche 1 juin 2014

SUR LA MÉLANCOLIE DOUCE DE PATRICK DUBOST.

melancolie_douce.jpgComposé de 49 respirations, soit 49 courtes mais inégales séquences de parole, le tout suivi de l'indication NOIR, le livre de Patrick Dubost mélancolie douce, est écrit pour la scène. Est écrit pour la voix. Une voix à la fois une et plurielle, à qui l'auteur fait travailler le silence, mais aussi l'obscurité d'une salle qui pourraient bien n'être ici pour lui que les attributs majeurs du monde qu'il a fini, comme écrivain, par se constituer.

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mardi 27 mai 2014

POUR LA MAISON DES ÉCRIVAINS ET DE LA LITTÉRATURE ! RÉDUIRE LES DÉFICITS DE FOND !

FRIANT_TOUSSAINT.png
La Maison des Ecrivains et de la Littérature, la MEL , vient de se voir proposer par le Centre National du Livre une réduction de 5% de la subvention qu'il lui accorde, soit une perte de 36 000 € , ainsi que l'engagement ne plus affecter le montant de la dite subvention qu'à la seule éducation artistique et culturelle que le gouvernement entend bien voir s'étendre et se généraliser, en partie à travers les PEAC (Parcours d'éducation artistique et culturelle définis par la circulaire n° 2013-073 du 3mai 2013 ).

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lundi 26 mai 2014

IMAGES DE NOTRE JOURNEE DECOUVERTES.


Pour tous ceux qui étaient présents lors de notre dernière Journée Découvertes, pour ceux qui seraient aussi un peu curieux de ces six heures de rencontres qui ont généré chez les participants un puissant désir de lectures dont a heureusement bénéficié notre libraire partenaire qui s'est vu en un rien de temps dévalisée de près d'une centaine d'ouvrages, quelques images sont aujourd'hui disponibles sur notre page Google.

Voir le DOSSIER_JOURNEE_DECOUVERTE.pdf

Voir également le DOSSIER_DU_LAUREAT_2014.pdf

L'image du billet est empruntée à la pièce de Man Ray, le Témoin (Amsterdam, Stedelijk)

samedi 24 mai 2014

SÉLECTION 2015 DU PRIX DES DÉCOUVREURS. EN SOMME, C'EST LA VIE!

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De même que les divers poèmes compris à l'intérieur de ce que l'on a toujours un peu trop coutume, encore aujourd'hui, d'appeler un recueil, construisent l'essentiel de leur sens à travers la façon dont l'auteur les articule, jouant entre eux des contrastes, parallélismes, recadrages, approfondissements, bref de tout ce système plus ou moins visible, plus ou moins conscient, d'avancées, de résonances qui fait justement que le livre est une œuvre plutôt qu'un simple répertoire de textes, nous voudrions idéalement que chacune des sélections que nous proposons aux Découvreurs soit le moins possible perçue comme un ensemble d'ouvrages disparate, mais comme la possibilité d'un chemin, d'un parcours par lequel chacun réinventerait pour lui-même, en lui-même, le dialogue profond, créateur, que finalement constitue, une fois réellement vécue, toute littérature.

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jeudi 22 mai 2014

VITE. VITE. VOULOIR LA VIE TROP VITE.


Nous recevons régulièrement des ouvrages dont nous ne pouvons pas toujours, malheureusement, rendre compte de la façon qu'ils méritent. Nous contentant la plupart du temps d'un amical remerciement à ceux qui ont bien voulu nous l'adresser. Cela ne nous empêche pas d'en lire quant à nous et pour nous quelques pages. Et quand cela nous entraîne, d'aller plus loin. Seulement, où trouverions-nous le temps de tout lire? Lire vraiment, veux-je dire. Puis ensuite d'en parler dans ce blog d'une façon qui ne soit pas que formelle. Je suis poète justement pour ne pas me contenter des formules trop vagues. Me réfugier dans les propos de convention. Paraphraser les quatrièmes de couverture voire les paraphrases de paraphrases qu'en font certains médias moins scrupuleux. Je refuse d'aller vite. Et surtout nulle part.

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mercredi 14 mai 2014

LA SELECTION POUR LE PRIX DES DECOUVREURS 2014-2015 !

Nous dévoilons aujourd'hui la sélection du prochain Prix des Découvreurs qui sera attribué fin avril 2015. En espérant que cette nouvelle édition connaîtra au moins le même succès que l'édition 2013-2014 qui a vu la victoire du recueil de Juan Antonio Gonzalez Iglesias, Ceci est mon corps. Rappelons que ce sont plus de 2000 lycéens ainsi que de nombreux collégiens de troisième que leurs professeurs ont inscrits cette année dans l'opération.

Un dossier comprenant un certain nombre d'extraits, de notes de lecture et d'informations pratiques est téléchargeable sur ce blog.

Voir aussi notre introduction à cette nouvelle édition.

SELECTION_OFFICIELLE_2015.pdf

jeudi 8 mai 2014

AU NOM DE QUELLE LOI ? ATELIERS D'ECRITURE, RESIDENCES D'ECRIVAINS, RENCONTRES…


Chasseur_de_primes_Bastard.jpgJe viens de recevoir du poète Joël Bastard un petit livre publié par La Passe du vent que je ne saurais trop conseiller à tous ceux qui, plus ou moins médiateurs culturels, organisateurs de résidences, d'ateliers d'écriture, de rencontres en librairies, médiathèques, centres culturels ou en milieu scolaire, attirent ou acceptent de recevoir des écrivains dans le cadre de politiques sur la pertinence comme sur l'efficacité desquelles on devrait peut-être parfois davantage s'interroger.

Intitulé très éloquemment Chasseur de primes, le livre de Joël Bastard attire l'attention avec une franchise fort peu courante dans le milieu, sur la réalité de certaines de ces opérations prétendument littéraires qui n'ont malheureusement pas toujours d'autre intérêt à ses yeux que de permettre à l'homme qu'il est de gagner, fort modestement, l'argent dont il a besoin pour vivre, en privant cependant parfois l'écrivain qu'il est aussi, de la nécessité de disposer librement de son temps.

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dimanche 4 mai 2014

PRIX DES DÉCOUVREURS 2014 AU POÈTE ESPAGNOL JUAN ANTONIO GONZÁLEZ IGLESIAS.

JAGI_AU_CHANNEL_AVEC_ELEVES_LYCEE_BERTHELOT.jpgC'est finalement au poète espagnol Juan Antonio González Iglesias que reviendra le Prix des Découvreurs 2014 pour son livre publié par les éditions Circé, Ceci est mon corps. Les élèves auront reconnu en lui, pour reprendre les mots d'une classe du lycée Charles de Gaulle de Vannes, une poésie chaude, festive, sanguine et érotique...

Ce n'est pas la première fois que les Découvreurs plébiscitent un auteur étranger. En 2002 déjà ils s'étaient portés sur l'œuvre de l'algérien Mohammed Dib. Avant de se déterminer en 2005 sur le merveilleux Exquise Louise du belge Eugène Savitzkaya. En 2011 puis en 2012 c'est la poète d'origine syrienne Maram Al Masri puis la luxembourgeoise Anise Koltz qui remportaient leurs suffrages.

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jeudi 24 avril 2014

GISÈLE BIENNE. SAVOIR POUR ÊTRE LIBRE.

gisele-bienne-l-etrange-solitude-de-manfred-richter.jpgLe 15 mai prochain nous animerons à Boulogne-sur-Mer, avec la complicité de la MEL et de la Commission Livre Lecture du Rectorat de Lille, notre Journée de découverte consacrée aux littératures vivantes. L'auteur de la Ferme de Navarin, Gisèle Bienne, sera des nôtres. Occasion de revenir aujourd'hui sur ce beau roman publié l'an passé chez Actes Sud, L'Etrange solitude de Manfred Richter où le lecteur retrouvera l'univers particulier de cet écrivain qui puise dans ses racines géographiques, historiques et familiales la matière principale d'une œuvre qui fait de la compréhension du passé qui nous a façonné et des limitations que nous impose l'Histoire, le fondement d'une liberté intérieure sans cesse à élargir.

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mercredi 16 avril 2014

14-18. JACQUES DARRAS. PORTER UN REGARD LUCIDE SUR NOTRE CIVILISATION.

Je-sors-enfin-du-bois-de-la-gruerie.jpgPas plus que le grand poète américain Walt Whitman, dont il reçut tôt la révélation capitale, Jacques Darras n'a l'habitude de poser le doigt sur sa bouche. Et le chant de lui-même ( Song of myself) dont sa poésie procède n'est pas celui d'un moi étriqué, défensif , réfugié dans le pré-carré d'une écriture qui ne voudrait plus rien apprendre d'elle. C'est une sorte de puissant courant intérieur, de souffle qui à la façon de son illustre aîné se propose d'arracher les verrous des portes, arracher même les portes de leurs gonds.

''Irruption de la Manche'', le précédent livre de Jacques Darras, se plaçait dans la perspective immensément étendue des milliards et des milliards d'années qui ont fait notre monde, défini les paysages que nous contemplons aujourd'hui, ainsi que dans celle infiniment plus courte de la pourtant longue série d'ancêtres bateliers de l'auteur. Chacun pouvait y lire toute la jubilation du poète de se sentir pleinement vivant dans un monde rayonnant des énergies les plus diverses et lointaines.

Avec Je sors enfin du Bois de la Gruerie, Jacques Darras se tourne vers une toute autre généalogie bien moins entraînante, qui n'est plus celle des éléments composant l'univers, celle aussi pour lui, des fleuves et des rivières qui l'ont de si loin porté mais celle de la guerre dont nous commémorons actuellement le centenaire. Une guerre dont il s'attache à mesurer les répercussions certes, mais à partir de laquelle surtout, il entreprend, avec le concours des quelques rares esprits restés en leur temps lucides, de porter sur notre civilisation et les individus qui en procèdent, c'est-à-dire chacun d'entre nous, le diagnostic le plus clairvoyant.

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lundi 14 avril 2014

ALAIN DAMASIO. UN LIVRE BLEU POLYCHROME. OU LIRE POUR AFFIRMER LA VIE.


Il est réconfortant après avoir enduré les intarissables et nébuleux bla-bla de certains petits Narcisse institutionnels qui ne condescendent à aborder les questions qui les dépassent qu'avec l'ironique ou méprisant détachement qui fera d'eux toujours des goujats de la pensée, de pouvoir compter, chez soi, sur l'amitié de certains livres. Et de retrouver, auprès d'un auteur aimé, cet élan vital que le petit cirque culturel et ses insupportables simulacres semblent en partie conçus pour briser. Le recueil de nouvelles d'Alain Damasio, Aucun souvenir assez solide est de ces livres qui, en dépit du tableau des plus manifestement inquiétant qu'ils brossent de notre situation et de l'avenir que nous nous fabriquons, sont susceptibles de nous redonner cette force, cette impulsion si nécessaires pour ne pas renoncer à rester tout simplement vivants.

Il y aurait des pages et des pages à écrire pour rendre un peu compte du caractère inventif et stimulant de l'œuvre de Damasio. Qui mûrit ses livres sans être comme d'autres, obsédé par le rythme infernal des publications. Ce qui donne à chaque fois des ouvrages qui nous travaillent longtemps et dans les profondeurs. Je considère, pour sa puissance poétique, bien supérieure à celle de trop nombreux ouvrages réalisés par de purs poètes et pour la qualité des réflexions vers lesquelles il nous entraîne, sa Horde du contrevent comme un des romans majeurs de ces dix dernières années et attends avec impatience ses Furtifs qui devraient paraître sous peu.

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