Partant de son enfance marquée par la présence tranquille de la petite rivière picarde, la Maye, dont il a fait la figure de son inépuisable désir de rencontre avec le monde, Jacques Darras a ouvert devant son auditoire, à travers tout un jeu de questions et réponses, les écluses du temps. Ne s'arrêtant à la lignée de ses ancêtres navigant autrefois sur la Somme à bord de leur gribane que pour mieux replonger ensuite vers les profondeurs de nos origines communes, par l'évocation émerveillée des parois de la tranchée de Saint Acheul où se lisent à travers des couches de poussières superposées, les centaines de milliers d'années qui ont vu les hommes développer leur toute première industrie qui fut celle de la pierre.

Mais c'est surtout un hymne à cette région du Nord qu'il affectionne et à laquelle il a consacré finalement la plus grande partie de son œuvre, qu'il aura adressé à l'ensemble de ces jeunes peu habitués à ce qu'on en parle avec tant de sympathie, d'appétit voire d'enthousiasme. Leur révélant l'origine de la Manche qui, à l'échelle de l'histoire de notre Terre, est une apparition des plus récentes (entre 6000 et 7000 années), évoquant ce grand fleuve qui autrefois traversait le nord de notre continent avec comme affluents à l'est la Seine, la Meuse et le Rhin, à l'ouest, la Tamise, Jacques Darras a conduit les élèves à considérer désormais leur région avec un regard élargi et une conscience éveillée aux multiples énergies qui la traversent. Insistant sur la beauté des paysages. La richesse de son histoire. La jouissance des parlers. La saveur des cultures. Déplorant au passage que trop peu d'écrivains aient accordé leur attention à cette terre pourtant si riche et si généreuse du Nord.

Ponctué de diverses lectures dont une au lycée Branly de Boulogne-sur-Mer consacrée aux fameux géants du Nord parmi lesquels les élèves auront reconnu leur Batisse et Zabelle, le passage de Jacques Darras sur nos côtes aura fait l'effet d'un grand vent. Ebouriffant. Qui en aura surpris, j'imagine, plus d'un par sa communicative énergie. Et cette façon si bien à lui d'envisager la vie comme un plaisir de connaissance, un désir permanent de s'ouvrir le plus possible et pour s'y conjuguer, à tout ce qui dépasse. Et de s'émerveiller chaque jour un peu plus de se sentir présent, vivant - ô combien! - mais aussi et malgré tout, profondément confiant, parmi ces milliards et ces milliards de galaxies , ces milliards de soleils qui peuplent l'Univers.

Note:

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