L'écrivain et poète François Boddaert qui sait de quoi il parle puisque, outre avoir été libraire à Sens, il dirige depuis plus de trente ans les éditions Obsidiane, a fondé en 1998 l'association interprofessionnelle Hélikon, et dirige même aujourd'hui une revue en ligne, Secousse, publie dans le tout dernier numéro de cette dernière un texte d'humeur en réaction à une sorte de sondage entrepris par le CRL Bourgogne, sondage prétendument destiné à venir en aide aux auteurs de cette belle région.

Nous conseillons à tous ceux que la question de l'efficacité des moyens que certaines de nos diligentes et attentives institutions mettent en œuvre, à grand renfort de papier, de brochures, de revues, de rapports, de colloques, de missions et de personnels de tous poils, pour favoriser la diffusion du livre et améliorer la condition des auteurs, de lire ce que François Boddaert pense de cette forme de sollicitude dont le résultat lui fait penser à la formule de Coluche: « Écrivez-nous pour nous dire ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » !

Notons aussi au passage, cette déclaration qui va bien sûr droit à notre cœur et se passe de tout commentaire :"On ne voit pas en quoi, ni comment, le remplissage chronique de ces inquisitrices demandes fera lire un seul livre, d’autant, et j’y insiste, qu’il n’y est jamais fait allusion à ceci : l’avenir du livre ne dépend que de ses prochains lecteurs, lesquels sont sur les bancs des écoles… Et il n’y a pas d’autre horizon possible."