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Le 15 février prochain, Alain Finkielkraut recevra dans Répliques, Jean-Christophe Bailly à propos d'un ouvrage paru au cours de l'année qui vient de s'écouler, Le Parti-pris des animaux (Bourgois). Nous y voyons l'occasion de revenir sur un livre plus ancien, paru en 2007, chez Bayard dans la collection dirigée par Suzanne Doppelt, Le rayon des curiosités, Le Versant animal.


C’est un beau livre. Qui parti d’un chevreuil affolé surgissant la nuit sur une route de campagne conduit à nous interroger sur le monde que nous nous préparons : un monde meurtrier aux ciels dénués d’oiseaux, aux mers, aux rivières et aux lacs sans poissons, aux forêts sans tigres et sans loups, où dans la proximité des banquises fondues n’existeraient plus que « des hommes se battant autour des points d’eau ». Jean-Christophe Bailly a le sens du vivant. De l’absolue diversité des formes de la vie qui composent l’infini paysage de l’être dans lequel nous nous mouvons tout à côté des plantes et des bêtes. Il a le sens aussi des menaces que l’arrogance des hommes, leur épaisse inconscience responsables déjà des terribles limitations imposées aux autres espèces, font courir aux équilibres que nous voyons chaque jour davantage se fragiliser autour de nous. Le Versant animal est en fait beaucoup plus qu’un beau livre. C’est un livre essentiel.