LES DECOUVREURS

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lundi 12 octobre 2015

JOUBARBE DE CAMILLE LOIVIER.


JOUBARBE.jpgIl y a des bêtes vivantes et des animaux morts. Des perruches qui pourraient voler mais ne sortiront pas de leur cage. De l’ivoire qui n’est que du plastique jauni. Des choses lourdes aussi. Pas très belles. Encombrantes. Avec au milieu l’enfance. Qui ne finit jamais. Comme une petite cour. Un simple puits de lumière. Sur quoi s’ouvrent les fenêtres arrière de nos fragiles destinées humaines.

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mercredi 24 juin 2015

LA VIE MOINS UNE MINUTE.

la-vie-moins-une-minute-de-marie-de-quatrebarbes.jpgOn va faire un voyage, et après ? (…) trace ta route // Tu accepteras mes mystères et j'accepterai les tiens. Entreprendre avec Marie de Quatrebarbes le voyage que nous propose son livre La vie moins une minute suppose sûrement qu'on suive à son tour cette injonction qui me semble d'ailleurs assez clairement définir le pacte de lecture sur lequel repose toute œuvre tant soit peu singulière. Toute œuvre en tout cas bâtie sur la conscience aigüe non pas de l'existence de je ne sais quel arrière monde mais de l'opacité fondamentale de l'être et des limites de la représentation.

Ce voyage auquel nous invite le livre de Marie de Quatrebarbes passe clairement par l'enfance, le désir, les choses du quotidien, les hommes, le sexe, la famille, le merveilleux , tout un appétit surtout, peut-être trop violent de vivre qui me paraît mal dissociable d'une angoisse profonde, de l'expérience intime aussi d'une forme d'anormalité rebelle à la fois subie et revendiquée.

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samedi 16 mai 2015

GISÈLE BIENNE: NOUS DEMEURONS DANS LES MOTS.

LA_BRULURE.jpgElle pense qu'il fait bon, qu'il existe des joies pures, des instants d'enchantement. Elle pense qu'elle retrouvera la chaleur des vraies soirées, l'ivresse des vrais baisers.
Oserai-je avancer que c'est en rappelant à notre conscience l'image d'une existence possiblement vivifiée d'énergies et de présences heureuses, que la littérature et l'art en général remplissent l'une de leurs fonctions parmi les plus profondes. Et nécessaires. Qui est de dire non pas la vérité du monde. Mais la possibilité malgré tout de sa beauté. D'en provoquer toujours chez nous l'attente.

Cela ne va pas sans la reconnaissance bien entendu de sa cruauté diffuse. De l'ensemble des imbéciles conjurations par lesquelles nous trouvons à rendre notre vie un peu moins supportable. De la dénonciation aussi des multiples et toujours plus complexes machineries que des organisations sans scrupules à chaque étage de notre société mettent au service de leurs seuls intérêts nous réduisant alors à désespérer chaque jour davantage d'un progrès véritable de l'homme.

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vendredi 12 décembre 2014

CENDRARS. LA GUERRE AU LUXEMBOURG.

Nous proposons aujourd'hui de redécouvrir le long poème de Cendrars écrit par ce dernier au lendemain de son amputation. La guerre au Luxembourg qui évoque avec une douloureuse empathie la manière dont les enfants de 14, exaltés par la propagande rejouent avec bonheur la guerre qui au même instant dévaste la vie d'un bon nombre des membres de leurs familles, devrait intéresser tous ceux qui ne se résignent pas à voir comme dirait Baudelaire les délires officiels troubler le cerveau des solitaires les plus forts.

LA_GUERRE_AU_LUXEMBOURG.pdf

mercredi 15 octobre 2014

LA FOLIE-SAVITZKAYA

E._SAVITZKAYA.pngAfin de contribuer à faire découvrir au plus grand nombre et principalement au milieu scolaire des auteurs de notre temps trop souvent ignorés des grands circuits médiatiques nous revenons aujourd'hui sur l'œuvre d'Eugène Savitzkaya qui fut le lauréat de l'édition 2004 du Prix des Découvreurs. Parmi les nombreux livres de cet auteur, nous avons un faible pour Fou trop poli, paru en 2005 aux Éditions de Minuit, dont nous redonnons ici l'article que nous lui avons consacré dans la Quinzaine littéraire.

On trouvera à la fin de cet article un dossier téléchargeable contenant l'entretien que nous avons eu avec l'auteur lors de la remise de son prix ainsi que des liens et quelques extraits d'œuvre.''

Par son caractère foisonnant de tentative d’écriture de toute une vie, Fou, trop poli, peut être si l’on veut, un roman. Mais, par la brièveté ainsi que par la densité des chapitres, c’est aussi de la poésie sans vers. Du théâtre sans représentation. Une autobiographie fuyante. Un pamphlet merveilleux. Un tombeau sans douleur. Une douleur sans tombeau. C’est aussi un jeu presque oulipien avec le vocabulaire où pourtant se reconnaît à chaque pas la riche, bien fumée, personnalité terrestre et terrienne de ce wallon de Liège et de ce bruxellois d’Uccle qu’est Eugène Savitzkaya.

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vendredi 11 juillet 2014

VOYAGES À SAINT-MAUR DE JEAN-LOUIS GIOVANNONI.


VOYAGES_A_SAINT_MAUR.jpg"Mon enfance fait partie de ces choses dont je sais que je ne sais pas grand-chose. Elle est derrière moi, pourtant elle est le sol sur lequel j'ai grandi, elle m'a appartenu, quelle que soit ma ténacité à affirmer qu'elle ne m'appartient plus. J'ai longtemps cherché à détourner ou à masquer ces évidences, m'enfermant dans le statut inoffensif de l'orphelin, de l'inengendré, du fils de personne. Mais l'enfance n'est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d'Or, mais peut-être horizon, point de départ, coordonnées à partir desquelles les axes de ma vie pourront trouver leur sens. Même si je n'ai pour étayer mes souvenirs improbables que le secours de photos jaunies, de témoignages rares et de documents dérisoires, je n'ai pas d'autre choix que d'évoquer ce que trop longtemps j'ai nommé l'irrévocable; ce qui fut, ce qui s'arrêta, ce qui fut clôturé: ce qui fut sans doute, pour aujourd'hui ne plus être, mais ce qui fut aussi pour que je sois encore."

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