LES DECOUVREURS

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 16 octobre 2015

UN POÈTE ET LA GUERRE : GUILLAUME APOLLINAIRE.

AQUARELLE__LAURENCIN.jpg
« Apollinaire depuis 2 mois rumine les cadavres avec Robert, tout le détail hideux des souffrances de guerre, la famine des camps, le froid dans la boue glacée des tranchées. Il «en met», il en ajoute — peut-on en ajouter ? Il n'en veut pas être retiré consolé. Deux mois il barbote dans l'horreur avec Robert, au point que je le blâme de ne vouloir considérer que la souffrance physique et d'y plonger sans trêve. »

Lire la suite...

mardi 29 septembre 2015

APRÈS ? LA RAGE !




APRES_REMARQUE.jpgOn connait le livre d’E. M. Remarque À l’ouest, rien de nouveau dans lequel l’auteur évoque, à partir de sa courte expérience du front, de juin 1917 à la fin juillet de la même année, toute l’horreur de ce qui fut problématiquement appelé la Grande Guerre. Il est un livre, beaucoup moins lu, du même auteur, qui mériterait, sûrement, qu’on s’y penche avec autant d’attention : celui dans lequel il évoque le retour du front d’une bande d’anciens camarades d’école normale d’instituteurs que l’épreuve collective qu’ils ont subie, rend impropres à se fondre, pour la plupart d’entre eux, dans le moule retrouvé d’une société qu’ils ne reconnaissent plus et qu’ils découvrent très éloignée des valeurs et des comportements que la guerre a suscités chez eux.

Lire la suite...

lundi 31 août 2015

RENTREE DES DECOUVREURS


RENTREE.jpgCette année encore, LES DÉCOUVREURS se proposent d’accompagner les enseignants dans leur recherche d’actions originales, créatrices à la fois de sens et de valeurs, autour de la littérature vivante.

PROPOSITIONS DE RENTRÉE

Prix des Découvreurs 2015-2016
COUVERTURES_DECOUVREURS_15-16.jpgIl s’ouvre largement à l’international avec les ouvrages, en édition bilingue, d’un poète chinois et d’une poète irlandaise. Signalons aussi celui d’une poète syrienne, Fadwa Souleimane qui réfugiée en France tente de mettre des mots sur l'expérience profonde qu'elle a du conflit qui ensanglante son pays depuis de nombreuses années.
Le Dossier comme d’habitude très riche peut être téléchargé directement en quelques minutes ici

Les extraits illustrés contenus dans ce dossier offrent de nombreuses possibilités d’exploitation dans les classes même pour celles qui ne participeraient pas à l’ensemble de l’opération.

Découvrir un poète contemporain :
COUVERTURE_ARIANE.pngÀ la demande des Découvreurs, Ariane Dreyfus, a accepté de réaliser un choix de textes à partir des livres qu'elle a publiés chez divers éditeurs. Le livre comprend également un certain nombre d'inédits à paraître prochainement chez Flammarion. Chacune des diverses sections est précédée par de courts commentaires et quelques notes terminales en éclairent l'intention.
Les Découvreurs proposent aux professeurs qui voudraient profiter de cet ouvrage pour faire travailler leurs élèves sur un des poètes contemporains les plus appréciés d'aujourd'hui, de rencontrer l'auteur et d'échanger directement avec elle.
De manière à ce que les élèves puissent disposer chacun d'un ouvrage qui pourrait devenir leur tout premier livre de poésie écrit par un auteur vivant, les Découvreurs offriront aux établissements qui financeront notre venue en compagnie de l'auteur, la possibilité d'intégrer dans le coût des interventions, celui des livres, calculé à prix coûtant.
Voir

Paysages de la Grande Guerre à partir de l’oeuvre de Gisèle Bienne :
PAYSAGE_GUERRE.jpgSuite au projet proposé par le lycée Berthelot de Calais, qui s’est vu décerner le Label de la Mission du Centenaire, nous publions le Dossier d’accompagnement qui peut servir à travailler de façon originale sur les traces de la guerre 14-18.
Voir

Voir aussi nos extraits du roman de Dorgelès, Le Réveil des morts sur l’aventure de la reconstruction

vendredi 12 décembre 2014

CENDRARS. LA GUERRE AU LUXEMBOURG.

Nous proposons aujourd'hui de redécouvrir le long poème de Cendrars écrit par ce dernier au lendemain de son amputation. La guerre au Luxembourg qui évoque avec une douloureuse empathie la manière dont les enfants de 14, exaltés par la propagande rejouent avec bonheur la guerre qui au même instant dévaste la vie d'un bon nombre des membres de leurs familles, devrait intéresser tous ceux qui ne se résignent pas à voir comme dirait Baudelaire les délires officiels troubler le cerveau des solitaires les plus forts.

LA_GUERRE_AU_LUXEMBOURG.pdf

lundi 24 novembre 2014

UN IMMENSE APPRENTISSAGE À LA BONNE LECTURE. PÉGUY.

Plutôt que de me laisser aller à dire tout le dégoût que j'éprouve pour une société capable de laisser se diffuser des images comme celles que des promoteurs touristiques ont eu l'indécence de proposer pour inciter les foules envoûtées comme obscurcies d'aujourd'hui à VIVRE comme ils disent l'expérience des tranchées de la Meuse, j'ai préféré, dans le prolongement d'un récent billet consacré à la redécouverte de Charles Péguy, inviter les lecteurs à prendre connaissance du beau passage que le philosophe et sociologue Bruno Latour a consacré à cet auteur si injustement méprisé. Par son intelligence et son total engagement de pensée Charles Péguy a, lui, de quoi nourrir chez ceux qui savent résister aux idées toutes faites et aux embrigadements faciles, de véritables expériences de vie.

J'extrais donc du texte de Bruno Latour que chacun pourra télécharger ici cet intéressant passage qui dans sa partie finale expose une conception vivifiante de la lecture que nous ne saurions trop recommander aussi à nos fidèles Découvreurs de méditer.

Lire la suite...

mercredi 13 août 2014

MUSÉES METZ. CERTES PAS QUE POMPIDOU !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA C’est entendu. Les musées ne sont que des prisons. Pire : de vastes cimetières d’œuvres mortes. Et notre époque est à cet égard nécrophile qui vient y jeter par troupeaux de plus en plus considérables ces forçats culturels qui en rendent d’ailleurs la visite trop souvent insupportable.

Le complexe de musées de Metz, dits de la Cour d’or, échappe heureusement encore à ces foules sérieuses, conditionnées, auxquelles on n’a pas encore imposé de se perdre dans ces deux kilomètres et demi de salles. Dans ce peu banal enchâssement de musées remarquables, à condition qu’on s’y rende sans attente particulière et surtout, répétons le, sans y être porté par le sentiment de redoutable obligation qui semble désormais de règle, rien n’empêche donc l’esprit, la curiosité étonnée et active de redonner de la vie, une autre vie mais de la vie quand même et pour soi, à ces adoucis, raccourcis, voire déloyaux, dépôts du temps qui, comme disait naguère l’idiotie collective, quelque part toujours, nous interpellent.

Lire la suite...

jeudi 24 avril 2014

GISÈLE BIENNE. SAVOIR POUR ÊTRE LIBRE.

gisele-bienne-l-etrange-solitude-de-manfred-richter.jpgLe 15 mai prochain nous animerons à Boulogne-sur-Mer, avec la complicité de la MEL et de la Commission Livre Lecture du Rectorat de Lille, notre Journée de découverte consacrée aux littératures vivantes. L'auteur de la Ferme de Navarin, Gisèle Bienne, sera des nôtres. Occasion de revenir aujourd'hui sur ce beau roman publié l'an passé chez Actes Sud, L'Etrange solitude de Manfred Richter où le lecteur retrouvera l'univers particulier de cet écrivain qui puise dans ses racines géographiques, historiques et familiales la matière principale d'une œuvre qui fait de la compréhension du passé qui nous a façonné et des limitations que nous impose l'Histoire, le fondement d'une liberté intérieure sans cesse à élargir.

Lire la suite...

mercredi 16 avril 2014

14-18. JACQUES DARRAS. PORTER UN REGARD LUCIDE SUR NOTRE CIVILISATION.

Je-sors-enfin-du-bois-de-la-gruerie.jpgPas plus que le grand poète américain Walt Whitman, dont il reçut tôt la révélation capitale, Jacques Darras n'a l'habitude de poser le doigt sur sa bouche. Et le chant de lui-même ( Song of myself) dont sa poésie procède n'est pas celui d'un moi étriqué, défensif , réfugié dans le pré-carré d'une écriture qui ne voudrait plus rien apprendre d'elle. C'est une sorte de puissant courant intérieur, de souffle qui à la façon de son illustre aîné se propose d'arracher les verrous des portes, arracher même les portes de leurs gonds.

''Irruption de la Manche'', le précédent livre de Jacques Darras, se plaçait dans la perspective immensément étendue des milliards et des milliards d'années qui ont fait notre monde, défini les paysages que nous contemplons aujourd'hui, ainsi que dans celle infiniment plus courte de la pourtant longue série d'ancêtres bateliers de l'auteur. Chacun pouvait y lire toute la jubilation du poète de se sentir pleinement vivant dans un monde rayonnant des énergies les plus diverses et lointaines.

Avec Je sors enfin du Bois de la Gruerie, Jacques Darras se tourne vers une toute autre généalogie bien moins entraînante, qui n'est plus celle des éléments composant l'univers, celle aussi pour lui, des fleuves et des rivières qui l'ont de si loin porté mais celle de la guerre dont nous commémorons actuellement le centenaire. Une guerre dont il s'attache à mesurer les répercussions certes, mais à partir de laquelle surtout, il entreprend, avec le concours des quelques rares esprits restés en leur temps lucides, de porter sur notre civilisation et les individus qui en procèdent, c'est-à-dire chacun d'entre nous, le diagnostic le plus clairvoyant.

Lire la suite...

samedi 21 décembre 2013

BAUDELAIRE, MUTINERIES, NÖEL

ANDRE_LOEZ_LES_REFUS_DE_LA_GUERRE_GALLIMARD.jpgTout vrai lecteur le sait. À l'intérieur de soi, c'est tout un jeu de configurations et de reconfigurations qui se produit durant le temps de la lecture. Là s'échangent des temporalités. Des situations. Des préoccupations. Celles bien entendu de l'ouvrage et des récits qu'il met en œuvre. Celles aussi qui nous sont propres et qu'aucune lecture même la plus captivante n'est en mesure de suspendre totalement.

Il en résulte parfois des mises en relation surprenantes.

Lisant le très important livre d'André Loez sur les mutins de 1917, que nous ne saurions trop conseiller en prévision des commémorations tous azimuts à venir, tandis que nous subissions la terrible pression commerciale correspondant à ce que Baudelaire appelait déjà dans les Petits Poèmes en Prose, l'"explosion du nouvel an", quelque chose en nous, malgré l'évidente différence des matières, malgré le caractère paradoxal et même possiblement choquant de leur rapprochement, nous enjoignait à chercher ce que ces refus de la guerre étudiés de façon si attentive par l'historien, un peu dans la lignée des préconisations du Michel de Certeau de l'Invention du quotidien, s'efforçaient aussi de nous faire entendre sur notre propre attitude à l'égard de ce qu'il est possible de considérer aujourd'hui comme l'obligation sociale de fête.

Lire la suite...

mercredi 11 décembre 2013

LA GUERRE REND-ELLE FOU ? : LES SOLDATS DE LA HONTE DE J-Y. LE NAOUR

SOLDATS_DE_LA_HONTE.jpg C'est un des multiples avantages des rencontres que nous organisons que de relancer à chaque fois notre curiosité. Pour les livres. Certes. Mais aussi au gré des conversations, des échanges, pour des lieux. Des époques. Des personnes. Des évènements. Des problèmes...

Notre dernière rencontre avec Gisèle Bienne, autour de la Ferme de Navarin, a ainsi été l'occasion de nous souvenir avec elle de bien des lectures que nous avons faites autour de la première guerre mondiale - nous en ferons peut-être un jour la liste - mais aussi de nous décider à nous intéresser de plus près à cette question des "mutilés mentaux" qu'un ancien article relatif au Cimetière des fous de Cadillac (Gironde) nous avait fait, en son temps, découvrir.

Lire la suite...

dimanche 8 décembre 2013

DE L'UN À L'AUTRE. GISÈLE BIENNE ET CENDRARS: UNE CONJUGAISON DE MÉMOIRES

C'est le principe de la belle collection imaginée par le regretté J.B. Pontalis, significativement intitulée L'UN ET L'AUTRE, que de raconter des vies, mais des vies recréées, profondément animées par la passion, l'histoire même de ceux qui les racontent.

Lire la suite...