LES DECOUVREURS

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Tag - Insurrection

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mardi 29 septembre 2015

APRÈS ? LA RAGE !




APRES_REMARQUE.jpgOn connait le livre d’E. M. Remarque À l’ouest, rien de nouveau dans lequel l’auteur évoque, à partir de sa courte expérience du front, de juin 1917 à la fin juillet de la même année, toute l’horreur de ce qui fut problématiquement appelé la Grande Guerre. Il est un livre, beaucoup moins lu, du même auteur, qui mériterait, sûrement, qu’on s’y penche avec autant d’attention : celui dans lequel il évoque le retour du front d’une bande d’anciens camarades d’école normale d’instituteurs que l’épreuve collective qu’ils ont subie, rend impropres à se fondre, pour la plupart d’entre eux, dans le moule retrouvé d’une société qu’ils ne reconnaissent plus et qu’ils découvrent très éloignée des valeurs et des comportements que la guerre a suscités chez eux.

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lundi 6 juillet 2015

LA POÉSIE : POUR UN USAGE HUMAINEMENT HABITÉ, DÉSEMBRIGADÉ DE LA LANGUE !


Nous reproduisons ici l'avant -propos de notre Dossier de l'édition 2015-16 du Prix des Découvreurs. Nous voudrions insister de toutes nos forces sur le fait que notre combat pour rendre davantage visibles les diverses formes de poésie qui se publient de nos jours n'a rien d'une revendication d'esthète. D'une démarche élitiste. Encore moins d'un désir narcissique d'attirer l'attention sur soi.

La détermination avec laquelle nous tentons de faire s'ouvrir les portes des établissements à ces œuvres auxquelles beaucoup trop malheureusement préfèrent les ouvrages aseptisés issus de l'industrie culturelle, principalement de fiction, tient un peu de cette rage que pouvait déjà exprimer dans les années 60 - voir le beau livre que viennent de publier les éditions NOUS - un auteur comme Pier Paolo Pasolini horrifié par la montée des puissances politiques et culturelles de massification. Mais aussi la glorification par les puissances d'argent d'un art de pure forme dont on aurait expulsé la voix effrayante des contenus.

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vendredi 20 février 2015

JACQUES DARRAS ET LE POÈME D'ACTUALITÉ.

Jacques Darras vient de publier au Castor Astral dans la collection "Les Passeurs d'Inuits", un nouveau livre de poèmes au titre dont il a le secret: Blaise Pascal et moi dans la voie lactée. Comme le savent les lecteurs de ce blog, nous aimons Jacques Darras, pour, entre autres multiples raisons, la générosité de son écriture, la capacité qu'elle a de nous donner une plus vive et large intelligence du monde tout en nous réaccordant, de manière jubilatoire, à la vie.

Dans ce nouvel opus, comme on dit, Jacques Darras, sans rien oublier de la vaste culture dont il se nourrit, ni rien abandonner de ses exigences, nous livre une poésie d'au jour le jour, de primesaut, qui prouve une fois encore la relation étroite que la parole poétique ne peut manquer d'entretenir avec les mille et une sollicitations de l'existence quotidienne. Avec ce qu'on pourrait aussi appeler cette actualité qui n'est toutefois pas celle toute plate et finalement vide des journaux mais celle qui, courant à l'intérieur de nous, bruit, s'amplifie, traverse, emplie qu'elle est de tous ces présents du monde qu'y accueillent conscience et sensibilité, tenues constamment en alerte.

À preuve ce poème écrit suite à une intervention, un lendemain d'élection, au lycée Carnot de Bruay La Buissière :

JACQUES_DARRAS_BRUAY.pdf

jeudi 12 février 2015

INSURRECTION POÉTIQUE. DES TEXTES POUR FAIRE TOMBER LES MURS !

Vladimir_MAIAKOVSKI.jpg

Il existe en chacun un désir de mots ou pour mieux dire un désir de parole. Mais ce désir se heurte le plus souvent aux grands murs des clichés, des modèles, des règles, par lesquels on se sent le plus souvent écrasé, incapable ou débile.

Les Découvreurs vous soumettent aujourd'hui quelques propositions de textes pas trop conformistes capables de vous aider à faire tomber les murs !

TELECHARGER :

TEXTES_POUR_FAIRE_TOMBER_LES_MURS.pdf

dimanche 18 janvier 2015

IMPOSTURES. LES CHAUDRONS FONT DU BRUIT.


Allez, c'est reparti. La grossière bêtise est de retour. À supposer, et c'est se montrer optimiste, qu'elle ait su un seul instant se contrôler. Le pseudo-poète imbécile T. Deslogis sur un site prétendument culturel qui lui confie une partie de son espace, crache sur les poètes qui n'ont pas su, comme lui, se montrer à la hauteur des évènements qui viennent d'endeuiller notre pays. Il suffira aux amateurs d'insanités prétentieuses de lire le grossier tissu de clichés malpropres par lesquels cet individu prétend nous éclairer sur ce qui pourtant devrait susciter la mise en œuvre de toutes les ressources de notre intelligence sensible, pour constater une nouvelle fois que la poésie comme puissance réelle de transformation et d'élargissement du monde a tout à perdre en se prostituant, pour quelques clics ou quelques like aux medias que n'encombre aucun souci d'exigence intellectuelle et artistique. Je m'en suis à plusieurs reprises, je crois, suffisamment expliqué sur ce blog pour qu'il soit utile d'y revenir aujourd'hui.

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mercredi 31 décembre 2014

CHANGER LA VIE. L'ARMÉE DES PAUVRES POÈTES.


Réponse au désastre des temps. Invention d'une relation farouchement affranchie avec le grand déconstruit toujours mal reconnu des choses. Sursaut de l'être confronté à l'effondrement manifeste autour de soi des vastes énergies vraies. Manière unique alors de s'éprouver vivant dans un environnement humain devenu mortifère. Sans compter les bonheurs et plaisirs qu'accorde le fait de s'ébattre dans les mots. Se baigner dans la langue. Dans son inépuisable fertilité. Sa constante et merveilleuse prodigalité… Oui tout cela, comme nous le rappelle l'ouvrage que viennent de réaliser Béatrice Bonneville- Humann et Yves Humann en donnant la parole à une vingtaine de poètes, dit bien à quelles nécessités répond toujours aujourd'hui la poésie. Et en quoi elle demeure et demeurera longtemps encore et pour chacun potentiellement indispensable.

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vendredi 5 décembre 2014

UN POÈTE CHINOIS POUR AUJOURD'HUI: YU JIAN.

YU_JIAN.png
Nous français, sommes réputés pour très mal connaître les langues. Que dire alors de notre connaissance des poésies dîtes étrangères! Pourtant nous serions bien inspirés de nous y plonger davantage tant certains textes portés à notre connaissance par d'intrépides éditeurs et de non moins courageux et talentueux traducteurs nous semblent de nature à revivifier notre relation à ce genre, déçue parfois par des productions nationales un peu trop cérébrales .

L'accueil réservé cette année à l'extraordinaire ''Kala Ghoda'' du poète indien Arun Kolatkar dans les établissements qui participent à la dix-septième édition du Prix des Découvreurs constitue bien une preuve de la capacité d'accueil des publics scolaires, élèves et professeurs confondus, qui savent reconnaître quand une œuvre est porteuse d'une énergie vraie qui nous rend à la fois plus humains et plus forts. Le beau livre aussi de Sylvie Kandé, ''la Quête infinie de l'autre rive'' , qui nous obligeait à repenser totalement la psychologie du migrant africain, son histoire, sa culture et ses rêves en fut l'année passée malgré sa relative complexité un autre impressionnant exemple.

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mercredi 15 octobre 2014

LA FOLIE-SAVITZKAYA

E._SAVITZKAYA.pngAfin de contribuer à faire découvrir au plus grand nombre et principalement au milieu scolaire des auteurs de notre temps trop souvent ignorés des grands circuits médiatiques nous revenons aujourd'hui sur l'œuvre d'Eugène Savitzkaya qui fut le lauréat de l'édition 2004 du Prix des Découvreurs. Parmi les nombreux livres de cet auteur, nous avons un faible pour Fou trop poli, paru en 2005 aux Éditions de Minuit, dont nous redonnons ici l'article que nous lui avons consacré dans la Quinzaine littéraire.

On trouvera à la fin de cet article un dossier téléchargeable contenant l'entretien que nous avons eu avec l'auteur lors de la remise de son prix ainsi que des liens et quelques extraits d'œuvre.''

Par son caractère foisonnant de tentative d’écriture de toute une vie, Fou, trop poli, peut être si l’on veut, un roman. Mais, par la brièveté ainsi que par la densité des chapitres, c’est aussi de la poésie sans vers. Du théâtre sans représentation. Une autobiographie fuyante. Un pamphlet merveilleux. Un tombeau sans douleur. Une douleur sans tombeau. C’est aussi un jeu presque oulipien avec le vocabulaire où pourtant se reconnaît à chaque pas la riche, bien fumée, personnalité terrestre et terrienne de ce wallon de Liège et de ce bruxellois d’Uccle qu’est Eugène Savitzkaya.

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jeudi 2 octobre 2014

FADWA SOULEIMANE, PREUVE DE LUMIÈRE ET DE NUIT.


A_LA_PLEINE_LUNE_F_SOULEIMANE.jpgÊtre une preuve de lumière et de nuit. Tel serait si l'on en croit le grand poète d'origine syrienne, Adonis, l'état le plus haut de la poésie. Et c'est dans cette perspective, sans doute, qu'il faut lire le livre de sa jeune compatriote Fadwa Souleimane, que les toutes neuves éditions du Soupirail viennent de faire paraître sous le titre A la pleine lune.

Il y a des pays où vivre une vie simple, libre, parmi les siens ne va pas de soi. Où tout conspire au contraire à vous défaire de votre humanité. Vous déposséder du sentiment de votre vérité. Où chaque plongée dans la réalité vous entraîne un peu plus dans l'évidence de l'absurdité et de la folie du monde.

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lundi 29 septembre 2014

CHARLES PENNEQUIN. POUR UN RETOUR DE PÉGUY !


charles-peguy-dans-nos-lignes.jpg Il est des auteurs qu'on ne connaît, pour reprendre la célèbre expression d'André Breton au début de son Ode à Fourier, que de vue. Qu'à travers des anthologies. Que dis-je? Simplement parfois qu'à travers la pauvre caricature qu'en fournit la pensée culturelle dominante souvent pas plus informée que vous. Les rencontrer un jour, en chair. Dans leur chair d'écriture. Dans leur chair de pensée. Dans leur chair de pensée-écriture. Peut produire un sacré choc. Qui ne peut que conduire à un surcroit de défiance envers toutes les fameuses réputations dont notre brimbalant monde intellectuel accompagne ce qu'il croit être son avancée. À coups de jugements à la serpe. Encensant et gâtant les uns. Equarrissant les autres. En fonction trop souvent du degré de prospérité ou de la capacité d'esbroufe des premiers. Du caractère peu moderne ou contrariant, des seconds.

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samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

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