LES DECOUVREURS

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mercredi 21 octobre 2015

LA PAROLE OU LES MOTS : CE QUE SIGNIFIE LA POÉSIE DE CIRCONSTANCE.

Comme le remarque à juste titre Claude Vercey dans un tout récent numéro du magazine numérique qu’il anime, les grandes émotions collectives provoquées par les drames humains dont nous avons été ces derniers temps spectateurs, ont suscité « des vagues de poèmes émus » qui reposent la question de l’engagement du poète face aux tristes réalités de notre temps.

Nous partageons largement le sentiment de notre confrère qui considère comme l’écrivait déjà André Breton dans Misère de la Poésie que cette misérable production est le plus souvent misérablement régressive. Toutefois comme la question mérite quand même d’être approfondie nous croyons intéressant de contribuer un peu à son éclairage en proposant à nos lecteurs de revenir sur quelques–uns des temps forts qui – d’Apollinaire à Mahmoud Darwich - l’ont marquée tout au long de notre siècle passé.

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mercredi 24 juin 2015

LA VIE MOINS UNE MINUTE.

la-vie-moins-une-minute-de-marie-de-quatrebarbes.jpgOn va faire un voyage, et après ? (…) trace ta route // Tu accepteras mes mystères et j'accepterai les tiens. Entreprendre avec Marie de Quatrebarbes le voyage que nous propose son livre La vie moins une minute suppose sûrement qu'on suive à son tour cette injonction qui me semble d'ailleurs assez clairement définir le pacte de lecture sur lequel repose toute œuvre tant soit peu singulière. Toute œuvre en tout cas bâtie sur la conscience aigüe non pas de l'existence de je ne sais quel arrière monde mais de l'opacité fondamentale de l'être et des limites de la représentation.

Ce voyage auquel nous invite le livre de Marie de Quatrebarbes passe clairement par l'enfance, le désir, les choses du quotidien, les hommes, le sexe, la famille, le merveilleux , tout un appétit surtout, peut-être trop violent de vivre qui me paraît mal dissociable d'une angoisse profonde, de l'expérience intime aussi d'une forme d'anormalité rebelle à la fois subie et revendiquée.

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dimanche 26 avril 2015

JOURNÉE DÉCOUVERTES. À L'INTERSECTION DE LA PAROLE ET DE LA VIE.

AVEC LES AUTEURS INVITESC'est pratique aujourd'hui courante que de venir proclamer à cor et à cri la qualité d'exploit de ses moindres entreprises. Aussi n'aimons-nous pas trop vanter publiquement les réussites qui sont à l'occasion les nôtres.
Il nous semble toutefois que ce qu'a pu apporter à tous une Journée comme celle qui vient de se dérouler à la Bibliothèque des Annonciades de Boulogne-sur-Mer avec le concours de la Ville et celui du Rectorat de Lille est suffisamment rare pour mériter d'être signalé.

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mardi 24 février 2015

LES DÉCOUVREURS PUBLIENT.


COUV_ET_DE_L_HIVER.jpgConscients de disposer aujourd'hui d'un réseau relativement nombreux d'hommes et de femmes engagés dans la défense d'une poésie bien de son temps qui ne renonce pas- en dépit de la situation misérable qui lui est faîte par les cultures de surface - à s'offrir au partage, les Découvreurs parallèlement à l'important travail de médiation qu'ils mènent depuis de nombreuses années, se sont décidés à créer une petite structure éditoriale dont nous espérons naturellement qu'elle trouvera sa place et sa raison au cœur de nos activités multiples.

Si les deux ouvrages par lesquels nous lançons cette entreprise sont signés d'un même nom, le mien, ce n'est pas que j'aie d'un coup cédé à d'irrésistibles pressions narcissiques, c'est que j'ai honnêtement médité le fait que ces ouvrages par leur complémentarité étaient à même de définir l'esprit de notre engagement, exposer les couleurs que nous entendons donner à notre action qui ne sont ni celles de la connivence excessive qui rassemble autour du vide, ni celles de ces ahurissantes ou étouffantes affirmations de singularité ou de modernité qui excluent aujourd'hui tout le monde.

C'est parce que nous sommes bien convaincus, que le monde que nous contribuons à entretenir par nos pensées d'habitude, nos comportements subornés, nous exile, chaque jour un peu plus de nous-mêmes, nous asphyxie sans que nous nous en rendions compte, que nous attendons de la poésie qu'elle nous fasse, dans un premier temps, bien sentir, éprouver, cette misère, cet hiver intérieur.

Mais que le poème surtout ne s'arrête pas là! Qu'il propose surtout dans sa communicable singularité une autre respiration. Découvre d'autres issues reconnaissables à la parole. Relance toujours davantage en nous cette mystérieuse et généreuse fermentation qui accompagne toute poussée créatrice.

Ainsi s'élargira la vie. La vie enfin rendue. Clarifiée. Immensifiée. La vie toujours à vivre. À dire. Voire à chanter. Par chacun. Inédite.

DECOUVRIR_NOUVELLES_EDITIONS_LD.pdf

vendredi 20 février 2015

JACQUES DARRAS ET LE POÈME D'ACTUALITÉ.

Jacques Darras vient de publier au Castor Astral dans la collection "Les Passeurs d'Inuits", un nouveau livre de poèmes au titre dont il a le secret: Blaise Pascal et moi dans la voie lactée. Comme le savent les lecteurs de ce blog, nous aimons Jacques Darras, pour, entre autres multiples raisons, la générosité de son écriture, la capacité qu'elle a de nous donner une plus vive et large intelligence du monde tout en nous réaccordant, de manière jubilatoire, à la vie.

Dans ce nouvel opus, comme on dit, Jacques Darras, sans rien oublier de la vaste culture dont il se nourrit, ni rien abandonner de ses exigences, nous livre une poésie d'au jour le jour, de primesaut, qui prouve une fois encore la relation étroite que la parole poétique ne peut manquer d'entretenir avec les mille et une sollicitations de l'existence quotidienne. Avec ce qu'on pourrait aussi appeler cette actualité qui n'est toutefois pas celle toute plate et finalement vide des journaux mais celle qui, courant à l'intérieur de nous, bruit, s'amplifie, traverse, emplie qu'elle est de tous ces présents du monde qu'y accueillent conscience et sensibilité, tenues constamment en alerte.

À preuve ce poème écrit suite à une intervention, un lendemain d'élection, au lycée Carnot de Bruay La Buissière :

JACQUES_DARRAS_BRUAY.pdf

jeudi 12 février 2015

INSURRECTION POÉTIQUE. DES TEXTES POUR FAIRE TOMBER LES MURS !

Vladimir_MAIAKOVSKI.jpg

Il existe en chacun un désir de mots ou pour mieux dire un désir de parole. Mais ce désir se heurte le plus souvent aux grands murs des clichés, des modèles, des règles, par lesquels on se sent le plus souvent écrasé, incapable ou débile.

Les Découvreurs vous soumettent aujourd'hui quelques propositions de textes pas trop conformistes capables de vous aider à faire tomber les murs !

TELECHARGER :

TEXTES_POUR_FAIRE_TOMBER_LES_MURS.pdf

dimanche 25 janvier 2015

OUVERTURE DU POÈME.

Le monde est mon lieu dit le poème. Langage est horizon. C'est par ces deux courtes phrases que Lionel Ray a encadré le livre qu'il vient de publier aux éditions Al Manar, sous le titre De ciel et d'ombre. Pourtant jaillie de l'intériorité, reposant tout entière sur la voix, la voix fragile et forte du frisson et des frémissements, l'œuvre inquiète de Lionel Ray comme je l'écrivais à propos de Matière de nuit ne demeure pas enfermée dans les limites étroites du moi. Elle rappelle au contraire combien dans ses profondeurs intimes la parole poétique est orientée vers l'ouvert et l'accidentel. À quel point, pour elle, les mots sont semblables à des mains. Qui se ferment et s'ouvrent. Impuissantes sans doute à toujours retenir voire à clairement désigner tout cela qui existe et avive. Mais au moins tendues vers.

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jeudi 2 octobre 2014

FADWA SOULEIMANE, PREUVE DE LUMIÈRE ET DE NUIT.


A_LA_PLEINE_LUNE_F_SOULEIMANE.jpgÊtre une preuve de lumière et de nuit. Tel serait si l'on en croit le grand poète d'origine syrienne, Adonis, l'état le plus haut de la poésie. Et c'est dans cette perspective, sans doute, qu'il faut lire le livre de sa jeune compatriote Fadwa Souleimane, que les toutes neuves éditions du Soupirail viennent de faire paraître sous le titre A la pleine lune.

Il y a des pays où vivre une vie simple, libre, parmi les siens ne va pas de soi. Où tout conspire au contraire à vous défaire de votre humanité. Vous déposséder du sentiment de votre vérité. Où chaque plongée dans la réalité vous entraîne un peu plus dans l'évidence de l'absurdité et de la folie du monde.

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samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

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vendredi 4 avril 2014

MERCI POUR LES RENCONTRES !


Le mois qui vient de s'écouler s'est montré riche en rencontres. Nous en publions aujourd'hui quelques images-souvenirs que nous voudrions toutefois accompagner d'une courte réflexion sur les enjeux de ces opérations qui nécessitent de la part des divers acteurs un investissement dont on ne mesure ou ne reconnaît pas toujours l'importance.

Ce qu'il y a de positivement passionnant d'abord dans les rencontres c'est cette puissance qu'elles ont de réveiller, chez une importante partie des jeunes à qui elles sont en principe destinées, certaines aspirations engourdies à un monde plus large. À travers l'imprévu d'une parole généralement habitée, la rencontre exerce en effet comme une forme non contraignante et subtile de guidage capable de faire entrevoir à chacun de nouvelles possibilités d'être. De redonner par là une certaine intensité, de l'éclat, aux formes à venir, espérées, de sa vie.

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lundi 24 février 2014

FAUT-IL TOUJOURS PLEURER EURYDICE? CAMILLE LOIVIER. RONDS D'EAU.


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Sans doute, " une part de ce que l'on ressent entre dans les mots". Mais les mots ne sont pas la vie. Ils n'en sont peut-être que sa direction maladroite. Une façon tâtonnante, hésitante ou comme suspendue, de voyager vers, s'adresser à. Et c'est, je pense, cette forme qu'on pourrait aussi dire "flottante" de transaction toujours un peu secrète, pour reprendre la belle expression de Virginia Woolf, que Camille Loivier, familière de la vieille pensée japonaise de l'impermanence de toute chose, marquée aussi par l'expérience du vide et de la disparition , s'est proposé d'entreprendre dans son dernier recueil, Ronds d'eau.

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vendredi 24 janvier 2014

DE L'ÉDUCATION À L'ÉDUCASTRATION. ENCORE M.J. MONDZAIN.


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Nous avons récemment fait référence à propos des divers dispositifs mis en place autour de ce qu'on appelle l'éducation culturelle et artistique à la nécessité de ne pas dissocier l'image de la parole si l'on entend réellement contribuer à la naissance d'un sujet libre et non d'un simple consommateur, qu'il soit averti ou non.

Nous proposons aujourd'hui de découvrir ce qu'écrit justement Marie-José Mondzain dans Homo spectator, qui vient de ressortir chez Bayard, au sujet de ce qu'on appelle comiquement, selon elle, l'éducation culturelle ou l'éducation artistique. Le passage que nous citons est tiré du début de la seconde partie de son livre intitulé précisément Une affaire de langue.

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vendredi 17 janvier 2014

CAR TOUTE PEINE EST SUPPORTABLE DANS LA CLARTÉ.


MOTHERWELL_Elegy34.jpgPourquoi travailler à mettre ses émotions en mots? N'est-ce pas suffisant de les vivre, tout simplement? Surtout si elles sont douloureuses. Et qu'on sait l'écriture impuissante.
Un poème a t'il jamais ramené personne à la vie?

Questions pertinentes auxquelles il est nécessaire d'apporter des réponses à la fois claires et constructives. C'est à cela que s'est employé le poète Olivier Barbarant face aux lycéens venus l'interroger sur ses Élégies étranglées.

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vendredi 10 janvier 2014

TERRITOIRES DE L'IMAGE. NÉCESSITÉ DE LA PAROLE. M.J. MONDZAIN


 Réduite à la simple vision, l'image ne se partage pas. C'est pourquoi nous nous inquiétons de voir tant de plans généreux, tendant de plus en plus à faire intervenir, en direction des territoires, des artistes de tous ordres, continuer à faire l'impasse sur ces formes essentielles d'art que sont la poésie et la littérature.

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