LES DECOUVREURS

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jeudi 25 septembre 2014

RONCIER DE STÉPHANIE FERRAT À L'ATELIER LA FEUGRAIE.


RONCIER_S_FERRAT.JPGRoncier. Non, le livre de Stéphanie Ferrat que vient de publier l'Atelier La Feugraie, ne se veut pas impénétrable. Et même s'il se compose de nombreuses formules qui lui paraîtront plus ou moins énigmatiques, il ne cherche pas non plus à se protéger de son lecteur par de durs aiguillons. Certes, il y a quelque chose de sauvage et de hérissé dans la poésie de Stéphanie Ferrat qui emprunte d'ailleurs à la nature proche, herbes, prés, arbres, forêts, nuages, ciels, et bêtes et troupeaux, une bonne part de ses éléments ou de son matériel poétique, mais c'est que ce poète cherche davantage à se livrer toute entière à l'expérience brute, éclatée, de la présence, celle qui nous relie sans aucun discours aux choses, qu'à tenter de se rassembler dans une histoire, ou dans une pensée. Ainsi, quêtant, presque animalement, les mots venus "directement du vivant", des ouvertures "laissant passer le monde", la poésie de Stéphanie Ferrat est porteuse d'une ambition qui pourra paraître extrême. Mais dont elle a conscience. Dont elle vit. En soulignant d'ailleurs à l'occasion, sa radicale impossibilité: "il y a le devoir des signes/ le fond de la terre jamais atteint/ le feu, cette partie du rituel// il y a aussi le crâne / attaché aux nerfs plus bas// la pioche// manche planté dans l'inquiétude".

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lundi 22 septembre 2014

ÉCART OU DE LA FOLLE PRÉTENTION DES POÈTES RATÉS.


UN_POETE_DAUMIER.jpgLes récriminations incessantes des ratés m'excèdent. Parmi elles il en est que je supporte moins encore: celles de ces poètes qui n'ayant rien à dire, rien à nous faire éprouver qu'une profonde commisération pour leur piètre maîtrise, s'offusquent de l'absence d'écho que suscite dans les media leurs œuvres ridicules. Je ne sais qui est ce T. Deslogis dont j'ai découvert il y a quelque temps qu'il nourrissait l'ambition de sauver l'humanité humaine (sic) en publiant chaque jour un poème de sa composition dans un quotidien qui aurait l'intelligence de lui ouvrir enfin ses colonnes! Mais en matière de dénonciation quant au scandale qu'il y a à frustrer le bon Peuple de sa voix immortelle, ce monsieur ne fait pas dans la dentelle et il semble que son obstination tout comme l'aveuglement de certains de ceux à qui il s'adresse, paient: chacun peut désormais régulièrement se délecter sur le site d'une revue dédiée à la culture, d'un poème de M. Deslogis traitant d'une actualité aussi capitale que le fut, par exemple, la récente sortie d'un ouvrage signé par une Dame Trierweiler !

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samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

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vendredi 11 juillet 2014

VOYAGES À SAINT-MAUR DE JEAN-LOUIS GIOVANNONI.


VOYAGES_A_SAINT_MAUR.jpg"Mon enfance fait partie de ces choses dont je sais que je ne sais pas grand-chose. Elle est derrière moi, pourtant elle est le sol sur lequel j'ai grandi, elle m'a appartenu, quelle que soit ma ténacité à affirmer qu'elle ne m'appartient plus. J'ai longtemps cherché à détourner ou à masquer ces évidences, m'enfermant dans le statut inoffensif de l'orphelin, de l'inengendré, du fils de personne. Mais l'enfance n'est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d'Or, mais peut-être horizon, point de départ, coordonnées à partir desquelles les axes de ma vie pourront trouver leur sens. Même si je n'ai pour étayer mes souvenirs improbables que le secours de photos jaunies, de témoignages rares et de documents dérisoires, je n'ai pas d'autre choix que d'évoquer ce que trop longtemps j'ai nommé l'irrévocable; ce qui fut, ce qui s'arrêta, ce qui fut clôturé: ce qui fut sans doute, pour aujourd'hui ne plus être, mais ce qui fut aussi pour que je sois encore."

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samedi 5 juillet 2014

LUCIEN SUEL DANS LE JARDIN DU MONDE.

je_suis_debout.gifDans un récent billet, j'évoquais Je suis debout le dernier livre de Lucien Suel, sélectionné dans le cadre du Prix des Découvreurs 2014-2015. J'y mettais essentiellement l'accent sur la pluralité et l'inventivité des formes mises en œuvre dans ce livre qui, en réponse à des sollicitations fort diverses, rassemble des textes écrits sur une assez longue période. Je voudrais aujourd'hui rendre davantage justice au caractère proprement extraordinaire et merveilleusement poétique de la démarche de cet auteur qui s'affirme aujourd'hui comme l'un des plus nécessaires en ce qu'il réaffirme visiblement la possibilité pour notre poésie de demeurer ce lieu majeur à partir duquel il nous est offert de nous éveiller vraiment au monde.

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vendredi 27 juin 2014

JACQUES PAUTARD. LE SOLEIL N'EST JAMAIS SI BEAU QU'UN JOUR OÙ L'ON SE MET EN ROUTE.

Jacques_PAUTARD_couverture.jpgLes éditions Arfuyen viennent de publier le premier livre de poésie de l'écrivain comtois Jacques Pautard. Pour Gérard Pfister, son éditeur qui nous l'a fait découvrir, il s'agirait là du "premier poète beatnik de langue française". Sans nous prononcer sur la validité d'une telle assertion, il nous a paru juste d'aider un peu ici à la reconnaissance d'un auteur dont la nature fortement éprouvée et sincère de l'œuvre fait oublier son caractère parfois un peu chaotique. Grand chœur vide des miroirs intéressera quiconque aura vu dans l'appel de la route, ne serait-ce qu'un seul jour, l'occasion de "ne respirer que de l'air, de provoquer l'espace et le temps du flux ronflant de son seul sang", de se réinventer frère toujours émerveillé de l'auteur de Ma bohême et du Cabaret vert. Voire, du Narrateur des Grands Chemins de Giono à qui nous empruntons le titre de ce billet.

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jeudi 22 mai 2014

VITE. VITE. VOULOIR LA VIE TROP VITE.


Nous recevons régulièrement des ouvrages dont nous ne pouvons pas toujours, malheureusement, rendre compte de la façon qu'ils méritent. Nous contentant la plupart du temps d'un amical remerciement à ceux qui ont bien voulu nous l'adresser. Cela ne nous empêche pas d'en lire quant à nous et pour nous quelques pages. Et quand cela nous entraîne, d'aller plus loin. Seulement, où trouverions-nous le temps de tout lire? Lire vraiment, veux-je dire. Puis ensuite d'en parler dans ce blog d'une façon qui ne soit pas que formelle. Je suis poète justement pour ne pas me contenter des formules trop vagues. Me réfugier dans les propos de convention. Paraphraser les quatrièmes de couverture voire les paraphrases de paraphrases qu'en font certains médias moins scrupuleux. Je refuse d'aller vite. Et surtout nulle part.

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jeudi 8 mai 2014

AU NOM DE QUELLE LOI ? ATELIERS D'ECRITURE, RESIDENCES D'ECRIVAINS, RENCONTRES…


Chasseur_de_primes_Bastard.jpgJe viens de recevoir du poète Joël Bastard un petit livre publié par La Passe du vent que je ne saurais trop conseiller à tous ceux qui, plus ou moins médiateurs culturels, organisateurs de résidences, d'ateliers d'écriture, de rencontres en librairies, médiathèques, centres culturels ou en milieu scolaire, attirent ou acceptent de recevoir des écrivains dans le cadre de politiques sur la pertinence comme sur l'efficacité desquelles on devrait peut-être parfois davantage s'interroger.

Intitulé très éloquemment Chasseur de primes, le livre de Joël Bastard attire l'attention avec une franchise fort peu courante dans le milieu, sur la réalité de certaines de ces opérations prétendument littéraires qui n'ont malheureusement pas toujours d'autre intérêt à ses yeux que de permettre à l'homme qu'il est de gagner, fort modestement, l'argent dont il a besoin pour vivre, en privant cependant parfois l'écrivain qu'il est aussi, de la nécessité de disposer librement de son temps.

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dimanche 4 mai 2014

PRIX DES DÉCOUVREURS 2014 AU POÈTE ESPAGNOL JUAN ANTONIO GONZÁLEZ IGLESIAS.

JAGI_AU_CHANNEL_AVEC_ELEVES_LYCEE_BERTHELOT.jpgC'est finalement au poète espagnol Juan Antonio González Iglesias que reviendra le Prix des Découvreurs 2014 pour son livre publié par les éditions Circé, Ceci est mon corps. Les élèves auront reconnu en lui, pour reprendre les mots d'une classe du lycée Charles de Gaulle de Vannes, une poésie chaude, festive, sanguine et érotique...

Ce n'est pas la première fois que les Découvreurs plébiscitent un auteur étranger. En 2002 déjà ils s'étaient portés sur l'œuvre de l'algérien Mohammed Dib. Avant de se déterminer en 2005 sur le merveilleux Exquise Louise du belge Eugène Savitzkaya. En 2011 puis en 2012 c'est la poète d'origine syrienne Maram Al Masri puis la luxembourgeoise Anise Koltz qui remportaient leurs suffrages.

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mercredi 16 avril 2014

14-18. JACQUES DARRAS. PORTER UN REGARD LUCIDE SUR NOTRE CIVILISATION.

Je-sors-enfin-du-bois-de-la-gruerie.jpgPas plus que le grand poète américain Walt Whitman, dont il reçut tôt la révélation capitale, Jacques Darras n'a l'habitude de poser le doigt sur sa bouche. Et le chant de lui-même ( Song of myself) dont sa poésie procède n'est pas celui d'un moi étriqué, défensif , réfugié dans le pré-carré d'une écriture qui ne voudrait plus rien apprendre d'elle. C'est une sorte de puissant courant intérieur, de souffle qui à la façon de son illustre aîné se propose d'arracher les verrous des portes, arracher même les portes de leurs gonds.

''Irruption de la Manche'', le précédent livre de Jacques Darras, se plaçait dans la perspective immensément étendue des milliards et des milliards d'années qui ont fait notre monde, défini les paysages que nous contemplons aujourd'hui, ainsi que dans celle infiniment plus courte de la pourtant longue série d'ancêtres bateliers de l'auteur. Chacun pouvait y lire toute la jubilation du poète de se sentir pleinement vivant dans un monde rayonnant des énergies les plus diverses et lointaines.

Avec Je sors enfin du Bois de la Gruerie, Jacques Darras se tourne vers une toute autre généalogie bien moins entraînante, qui n'est plus celle des éléments composant l'univers, celle aussi pour lui, des fleuves et des rivières qui l'ont de si loin porté mais celle de la guerre dont nous commémorons actuellement le centenaire. Une guerre dont il s'attache à mesurer les répercussions certes, mais à partir de laquelle surtout, il entreprend, avec le concours des quelques rares esprits restés en leur temps lucides, de porter sur notre civilisation et les individus qui en procèdent, c'est-à-dire chacun d'entre nous, le diagnostic le plus clairvoyant.

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jeudi 10 avril 2014

EMPÊCHER L'ESPRIT DE TOUJOURS PLUS S'INFIRMISER AVEC ARMAND LE POÊTE.

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Ferons-nous grincer quelques dents en proposant aux élèves des collèges et des lycées qui nous accompagneront dans le cadre du prochain Prix des Découvreurs, d'entrer dans la poésie contemporaine à partir d'un ouvrage dont l'auteur annonce lui-même sur la page d'accueil de son site qu'il est dangereux pour les enfants et déconseillé par l'Education Nationale, a (sic) cause de l'orthographe ?

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vendredi 4 avril 2014

MERCI POUR LES RENCONTRES !


Le mois qui vient de s'écouler s'est montré riche en rencontres. Nous en publions aujourd'hui quelques images-souvenirs que nous voudrions toutefois accompagner d'une courte réflexion sur les enjeux de ces opérations qui nécessitent de la part des divers acteurs un investissement dont on ne mesure ou ne reconnaît pas toujours l'importance.

Ce qu'il y a de positivement passionnant d'abord dans les rencontres c'est cette puissance qu'elles ont de réveiller, chez une importante partie des jeunes à qui elles sont en principe destinées, certaines aspirations engourdies à un monde plus large. À travers l'imprévu d'une parole généralement habitée, la rencontre exerce en effet comme une forme non contraignante et subtile de guidage capable de faire entrevoir à chacun de nouvelles possibilités d'être. De redonner par là une certaine intensité, de l'éclat, aux formes à venir, espérées, de sa vie.

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samedi 22 mars 2014

POURQUOI NOUS DEVONS LIRE BORIS GAMALEYA .

 Les éditions de l'Amandier nous ont récemment fait parvenir la dernière publication du grand poète réunionnais, Boris Gamaleya, Le Bal des hippocampes. Bien qu'âgé de plus de 80 ans et présentant à son actif de nombreux ouvrages, ce poète qui a pourtant fait l'objet, en 2004, d'un colloque international à l'initiative de l'UFR de Lettres de Nice, sous la responsabilité de Patrick Quillier, est encore largement méconnu, je ne dis pas du grand public qui s'intéresse toujours aussi peu à la poésie de son époque, mais du milieu même des poètes qui trouveraient cependant dans son œuvre de quoi confirmer en profondeur l'importance et la nécessité de leur engagement.

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lundi 24 février 2014

FAUT-IL TOUJOURS PLEURER EURYDICE? CAMILLE LOIVIER. RONDS D'EAU.


CAMILLE_LOIVIER_RONDS_D_EAU.jpg
Sans doute, " une part de ce que l'on ressent entre dans les mots". Mais les mots ne sont pas la vie. Ils n'en sont peut-être que sa direction maladroite. Une façon tâtonnante, hésitante ou comme suspendue, de voyager vers, s'adresser à. Et c'est, je pense, cette forme qu'on pourrait aussi dire "flottante" de transaction toujours un peu secrète, pour reprendre la belle expression de Virginia Woolf, que Camille Loivier, familière de la vieille pensée japonaise de l'impermanence de toute chose, marquée aussi par l'expérience du vide et de la disparition , s'est proposé d'entreprendre dans son dernier recueil, Ronds d'eau.

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dimanche 23 février 2014

LA POÉSIE AU COEUR DES ARTS. N'OUBLIEZ PAS LES PAYSAGISTES !


Le Printemps des Poètes dont on ne célébrera jamais suffisamment la belle vitalité, la capacité d'entrainement des volontés dont il fait preuve, a décidé de mettre cette année la Poésie au cœur des arts. Nous nous en réjouissons bien entendu. Depuis toujours la musique a partie liée avec la poésie. Qui est aussi danse. Qui partage avec le théâtre un même souci de la présence et de la voix. Et dont toute l'époque moderne a montré à quel point ses relations avec la peinture ont stimulé leurs créations qu'elles soient communes ou simplement réciproques. Peinture, théâtre, danse, musique on ne manquera donc pas de célébrer un peu partout ces fécondes alliances. Y intégrant ici ou là, le cinéma, la vidéo et la photographie. Et bien entendu, nous l'espérons cet art typographique dont des gens comme François Da Ros par exemple avec lequel nous avons travaillé repoussent quotidiennement les limites.

Il existe toutefois un art qui me paraît devoir être un peu négligé à l'occasion de cet évènement. Un art avec lequel pourtant, la poésie a depuis toujours principalement à voir : celui aujourd'hui bien reconnu du paysagiste.

C'est pour pallier cette injustice relative - car déjà tout un récent Printemps des Poètes y fut intégralement dédié - que nous nous sommes autorisé à publier le texte ci-dessous consacré aux relations étroites que nous voyons entre le travail des poètes et celui des paysagistes qui furent d'abord jardiniers.

Les amateurs de jardins et de paysages y croiseront (mais très vite) les figures de Le Nôtre comme de Michel Courajoud, celles de Mallarmé et du moine Strabon. Dans une réflexion où l'on ne saura plus très bien ce qui est du poète ou bien du jardinier. Du ciel ou de la terre. De l'apparente fermeture des tracés et de l'ouverture qu'ils créent.

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POETE_ARTISTE_JARDINIER.pdf

dimanche 16 février 2014

SAVOIR QUAND MÊME SE RETOURNER ? FRANÇOIS RANNOU: RAPT.

Notre ami François Rannou a récemment publié aux éditions de la Termitière un ouvrage intitulé rapt. Dont un certain nombre d'articles viennent de rendre compte sur divers supports.

Nous invitons aujourd'hui nos lecteurs à s'y reporter afin de découvrir cet auteur dont l'œuvre mérite d'être interrogée. Dans sa manière bien à elle de faire se croiser divers fils d'écriture. D'ordonner par là comme une polyphonie de tous les instants que compte notre relation déchirante avec le monde. Celui qui nous traverse autant que nous le traversons. A condition de mettre dans ce verbe moins l'idée d'un franchissement pur et simple que celle qu'on trouve dans l'expression " se mettre de travers", faire obstacle. Tant dans l'esprit de Rannou cette relation est de l'ordre de l'arrachement. Et comme le dit son titre, d'une forme de violence: de rapt. Tel celui peut-être qu'en vain tenta Orphée quand il entreprit de ravir Eurydice aux Enfers.

A voir donc:

l'article de Gérard Noiret dans le numéro du 13 février de la Nouvelle Quinzaine Littéraire

l'article de Tristan Hordé sur Sitaudis

celui de Matthieu Gosztola sur POEZIBAO.

samedi 15 février 2014

DE LA POÉSIE À UNE AUTRE ÉCHELLE. JACQUES DARRAS RENCONTRE LES DÉCOUVREURS.

12-02-2014.jpgLes poètes épiques qui se donnent pour ambition d'inviter la totalité du monde à entrer dans leurs vers ne sont pas aujourd'hui, en France, parmi les plus nombreux. Ni ceux qui, à la manière des peintres expressionnistes, conservent l'audace de conférer à leur œuvre les couleurs d'un tempérament puissant, affranchi aussi bien des limites pâlichonnes et des chétives conventions qui font les petits succès actuels du grand nombre que de "l'inane phraseology" de certains esprits supérieurs que dénonçait déjà, vers 1800, l'anglais Wordsworth. C'est néanmoins en la personne de l'auteur d'Irruption de la Manche, un poète robuste, fortifiant, capable de magnifier le monde que les jeunes Découvreurs de quatre grands lycées du littoral de la Côte d'Opale viennent d'avoir la chance de rencontrer pour plonger avec lui dans un profond et revitalisant bain de temps.

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samedi 8 février 2014

JEAN-CHRISTOPHE BAILLY. DU VERSANT ANIMAL AU VERSANT POÉTIQUE.

Le_versant_animal.jpg
Le 15 février prochain, Alain Finkielkraut recevra dans Répliques, Jean-Christophe Bailly à propos d'un ouvrage paru au cours de l'année qui vient de s'écouler, Le Parti-pris des animaux (Bourgois). Nous y voyons l'occasion de revenir sur un livre plus ancien, paru en 2007, chez Bayard dans la collection dirigée par Suzanne Doppelt, Le rayon des curiosités, Le Versant animal.


C’est un beau livre. Qui parti d’un chevreuil affolé surgissant la nuit sur une route de campagne conduit à nous interroger sur le monde que nous nous préparons : un monde meurtrier aux ciels dénués d’oiseaux, aux mers, aux rivières et aux lacs sans poissons, aux forêts sans tigres et sans loups, où dans la proximité des banquises fondues n’existeraient plus que « des hommes se battant autour des points d’eau ». Jean-Christophe Bailly a le sens du vivant. De l’absolue diversité des formes de la vie qui composent l’infini paysage de l’être dans lequel nous nous mouvons tout à côté des plantes et des bêtes. Il a le sens aussi des menaces que l’arrogance des hommes, leur épaisse inconscience responsables déjà des terribles limitations imposées aux autres espèces, font courir aux équilibres que nous voyons chaque jour davantage se fragiliser autour de nous. Le Versant animal est en fait beaucoup plus qu’un beau livre. C’est un livre essentiel.

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lundi 3 février 2014

GÉNÉROSITÉ DU POÈME. IRRUPTION DE LA MANCHE. JACQUES DARRAS


JACQUES_DARRAS.jpg Du 10 au 14 février prochain les Découvreurs accompagneront le poète Jacques Darras dans un certain nombre d'établissements de l'Académie de Lille. C'est l'occasion pour nous de revenir sur son livre Irruption de la Manche qui, entre autres, permettra sûrement aux jeunes gens de Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer qui le recevront, d'apprendre à lire les paysages qu'ils ont sous leurs yeux, avec un regard élargi, capable de leur donner sens au-delà des apparences.

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vendredi 31 janvier 2014

ÉCRIRE DANS L'AMITIÉ DES LIVRES. DOUCEUR DU CERF DE MARIE HUOT.


DOUCEUR_DU_CERF.jpgEcrire dans les marges d'une œuvre, comme se l'est proposé Marie Huot dans Douceur du cerf, est une entreprise risquée. A fortiori si cette œuvre présente l'ampleur écrasante et la diversité de celle d'un romancier comme Jean Giono qui, de Colline, son premier roman publié, à l'Iris de Suse, son dernier, voire à Dragoon qu'il a laissé inachevé, a multiplié les personnages, les formes, les perspectives et même les époques, à travers une écriture qu'il a voulu jusqu'au bout en permanente invention.

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