LES DECOUVREURS

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 30 mai 2015

BÊTES FÉROCES DE L'ESPOIR


COUV_BOGOLAN.pngIl n'est jamais facile de parler bien d'un vrai livre de poèmes. Ou bien on le ramène à ses thématiques, on en dégage le discours, on en réécrit le roman et cela n'a plus rien à voir avec la matière générique sensible dont il procède; ou bien on pointe des influences, des intentions, décrit des formes et cela souvent ne dit plus rien de la nature traversante du texte qui n'atteint son lecteur que par sa résonnance. N'agit que par son retentissement.

Avec le Bogolan de Julien Delmaire on n'échappera pas cependant à la nécessité comme le fait sa quatrième de couverture d'indiquer que les quarante petits tableaux dont est réalisé l'ouvrage composent finalement l'histoire d'un africain qui revenu des mirages de l'Europe et de retour au pays natal, se redécouvre étranger dans le quartier de la grande ville où il a passé sa jeunesse.

Lire la suite...

vendredi 20 février 2015

JACQUES DARRAS ET LE POÈME D'ACTUALITÉ.

Jacques Darras vient de publier au Castor Astral dans la collection "Les Passeurs d'Inuits", un nouveau livre de poèmes au titre dont il a le secret: Blaise Pascal et moi dans la voie lactée. Comme le savent les lecteurs de ce blog, nous aimons Jacques Darras, pour, entre autres multiples raisons, la générosité de son écriture, la capacité qu'elle a de nous donner une plus vive et large intelligence du monde tout en nous réaccordant, de manière jubilatoire, à la vie.

Dans ce nouvel opus, comme on dit, Jacques Darras, sans rien oublier de la vaste culture dont il se nourrit, ni rien abandonner de ses exigences, nous livre une poésie d'au jour le jour, de primesaut, qui prouve une fois encore la relation étroite que la parole poétique ne peut manquer d'entretenir avec les mille et une sollicitations de l'existence quotidienne. Avec ce qu'on pourrait aussi appeler cette actualité qui n'est toutefois pas celle toute plate et finalement vide des journaux mais celle qui, courant à l'intérieur de nous, bruit, s'amplifie, traverse, emplie qu'elle est de tous ces présents du monde qu'y accueillent conscience et sensibilité, tenues constamment en alerte.

À preuve ce poème écrit suite à une intervention, un lendemain d'élection, au lycée Carnot de Bruay La Buissière :

JACQUES_DARRAS_BRUAY.pdf

lundi 29 septembre 2014

CHARLES PENNEQUIN. POUR UN RETOUR DE PÉGUY !


charles-peguy-dans-nos-lignes.jpg Il est des auteurs qu'on ne connaît, pour reprendre la célèbre expression d'André Breton au début de son Ode à Fourier, que de vue. Qu'à travers des anthologies. Que dis-je? Simplement parfois qu'à travers la pauvre caricature qu'en fournit la pensée culturelle dominante souvent pas plus informée que vous. Les rencontrer un jour, en chair. Dans leur chair d'écriture. Dans leur chair de pensée. Dans leur chair de pensée-écriture. Peut produire un sacré choc. Qui ne peut que conduire à un surcroit de défiance envers toutes les fameuses réputations dont notre brimbalant monde intellectuel accompagne ce qu'il croit être son avancée. À coups de jugements à la serpe. Encensant et gâtant les uns. Equarrissant les autres. En fonction trop souvent du degré de prospérité ou de la capacité d'esbroufe des premiers. Du caractère peu moderne ou contrariant, des seconds.

Lire la suite...

samedi 6 septembre 2014

PRINTEMPS DES POÈTES 2015. L'INSURRECTION POÉTIQUE. À LA HAUTEUR DE LA VIE !


Parole levée, vent debout ou chant intérieur, la poésie manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le vœu d'une vie intense et insoumise.
C'est par cette belle déclaration que Jean-Pierre Siméon introduit sur le site de l'association la présentation du 17e Printemps des Poètes consacré à l'Insurrection poétique.

Issu du latin surgere le mot d'insurrection appartient à toute une famille de mots, comme source, ressource, surgeon, surgir, sourdre, dont on perçoit bien le rapport fondamental qu'ils entretiennent avec l'élan vital, le dynamisme intérieur et l'exigence irrépressible non pas d'expression mais de création qui est au cœur de toute démarche artistique.

Dans l'ouvrage majeur qu'il a consacré à tenter d'éclairer les ressorts intimes et secrets de l'acte de création (Créer, éditions Verdier, 2010) le philosophe Paul Audi écrit ainsi que ce qui porte l'artiste, c'est ce besoin "d'intensifier son rapport immédiat non pas à l'étant en général mais à la vie". C'est en éprouvant la nécessité de confier à son être la tâche de s'offrir - pour ainsi dire corps et âme (mais l'âme n'est jamais qu'un mot pour une parcelle du corps) - en témoignage de la force et de la plénitude de la vie en général que l'artiste moderne parvient à se donner forme et légitimité (page 205 et suivantes).

C'est pourquoi, nous semble-t-il, toute œuvre authentiquement créatrice - ne parlerait-elle que d'amour, de nature ou de vie ordinaire, ne peut être considérée autrement que comme la manifestation d'une insurrection intérieure, issue qu'elle est - dans le contexte d'écrasements insidieux qui est aujourd'hui le nôtre, empuanti des miasmes qui s'élèvent chaque jour davantage de la décomposition culturelle et politique de nos sociétés - sinon d'un appel d'infini (comme l'entendait Mallarmé), du moins d'un désir élargi d'être. Et d'air pur.

Lire la suite...

mercredi 13 août 2014

MUSÉES METZ. CERTES PAS QUE POMPIDOU !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA C’est entendu. Les musées ne sont que des prisons. Pire : de vastes cimetières d’œuvres mortes. Et notre époque est à cet égard nécrophile qui vient y jeter par troupeaux de plus en plus considérables ces forçats culturels qui en rendent d’ailleurs la visite trop souvent insupportable.

Le complexe de musées de Metz, dits de la Cour d’or, échappe heureusement encore à ces foules sérieuses, conditionnées, auxquelles on n’a pas encore imposé de se perdre dans ces deux kilomètres et demi de salles. Dans ce peu banal enchâssement de musées remarquables, à condition qu’on s’y rende sans attente particulière et surtout, répétons le, sans y être porté par le sentiment de redoutable obligation qui semble désormais de règle, rien n’empêche donc l’esprit, la curiosité étonnée et active de redonner de la vie, une autre vie mais de la vie quand même et pour soi, à ces adoucis, raccourcis, voire déloyaux, dépôts du temps qui, comme disait naguère l’idiotie collective, quelque part toujours, nous interpellent.

Lire la suite...

jeudi 8 mai 2014

AU NOM DE QUELLE LOI ? ATELIERS D'ECRITURE, RESIDENCES D'ECRIVAINS, RENCONTRES…


Chasseur_de_primes_Bastard.jpgJe viens de recevoir du poète Joël Bastard un petit livre publié par La Passe du vent que je ne saurais trop conseiller à tous ceux qui, plus ou moins médiateurs culturels, organisateurs de résidences, d'ateliers d'écriture, de rencontres en librairies, médiathèques, centres culturels ou en milieu scolaire, attirent ou acceptent de recevoir des écrivains dans le cadre de politiques sur la pertinence comme sur l'efficacité desquelles on devrait peut-être parfois davantage s'interroger.

Intitulé très éloquemment Chasseur de primes, le livre de Joël Bastard attire l'attention avec une franchise fort peu courante dans le milieu, sur la réalité de certaines de ces opérations prétendument littéraires qui n'ont malheureusement pas toujours d'autre intérêt à ses yeux que de permettre à l'homme qu'il est de gagner, fort modestement, l'argent dont il a besoin pour vivre, en privant cependant parfois l'écrivain qu'il est aussi, de la nécessité de disposer librement de son temps.

Lire la suite...

vendredi 10 janvier 2014

TERRITOIRES DE L'IMAGE. NÉCESSITÉ DE LA PAROLE. M.J. MONDZAIN


 Réduite à la simple vision, l'image ne se partage pas. C'est pourquoi nous nous inquiétons de voir tant de plans généreux, tendant de plus en plus à faire intervenir, en direction des territoires, des artistes de tous ordres, continuer à faire l'impasse sur ces formes essentielles d'art que sont la poésie et la littérature.

Lire la suite...

jeudi 9 janvier 2014

À LA COULEUR AUSSI DE NOTRE ÉPOQUE. ELÉGIES ÉTRANGLÉES D'OLIVIER BARBARANT

Les Découvreurs recevront la semaine prochaine le poète Olivier Barbarant qu'ils accompagneront dans deux établissements du littoral de la Côte d'Opale.
C'est l'occasion pour nous de revenir un peu sur ces Elégies étranglées qui feront l'objet de ses interventions.

Fautrier_La_depouille_1945.jpg

Comme l'affirme le compte rendu que Ludovic Degroote a consacré à l'ouvrage sur POEZIBAO, le livre d'Olivier Barbarant, puisant largement dans la douleur de la disparition, à quelques mois d'intervalle, du père et de la mère, et retraçant, comme il l'écrit, des anecdotes, des souvenirs qui lui appartiennent en propre, semble bien procéder d'une "écriture de l'intime".

Lire la suite...