LES DECOUVREURS

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vendredi 27 juin 2014

JACQUES PAUTARD. LE SOLEIL N'EST JAMAIS SI BEAU QU'UN JOUR OÙ L'ON SE MET EN ROUTE.

Jacques_PAUTARD_couverture.jpgLes éditions Arfuyen viennent de publier le premier livre de poésie de l'écrivain comtois Jacques Pautard. Pour Gérard Pfister, son éditeur qui nous l'a fait découvrir, il s'agirait là du "premier poète beatnik de langue française". Sans nous prononcer sur la validité d'une telle assertion, il nous a paru juste d'aider un peu ici à la reconnaissance d'un auteur dont la nature fortement éprouvée et sincère de l'œuvre fait oublier son caractère parfois un peu chaotique. Grand chœur vide des miroirs intéressera quiconque aura vu dans l'appel de la route, ne serait-ce qu'un seul jour, l'occasion de "ne respirer que de l'air, de provoquer l'espace et le temps du flux ronflant de son seul sang", de se réinventer frère toujours émerveillé de l'auteur de Ma bohême et du Cabaret vert. Voire, du Narrateur des Grands Chemins de Giono à qui nous empruntons le titre de ce billet.

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jeudi 22 mai 2014

VITE. VITE. VOULOIR LA VIE TROP VITE.


Nous recevons régulièrement des ouvrages dont nous ne pouvons pas toujours, malheureusement, rendre compte de la façon qu'ils méritent. Nous contentant la plupart du temps d'un amical remerciement à ceux qui ont bien voulu nous l'adresser. Cela ne nous empêche pas d'en lire quant à nous et pour nous quelques pages. Et quand cela nous entraîne, d'aller plus loin. Seulement, où trouverions-nous le temps de tout lire? Lire vraiment, veux-je dire. Puis ensuite d'en parler dans ce blog d'une façon qui ne soit pas que formelle. Je suis poète justement pour ne pas me contenter des formules trop vagues. Me réfugier dans les propos de convention. Paraphraser les quatrièmes de couverture voire les paraphrases de paraphrases qu'en font certains médias moins scrupuleux. Je refuse d'aller vite. Et surtout nulle part.

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jeudi 8 mai 2014

AU NOM DE QUELLE LOI ? ATELIERS D'ECRITURE, RESIDENCES D'ECRIVAINS, RENCONTRES…


Chasseur_de_primes_Bastard.jpgJe viens de recevoir du poète Joël Bastard un petit livre publié par La Passe du vent que je ne saurais trop conseiller à tous ceux qui, plus ou moins médiateurs culturels, organisateurs de résidences, d'ateliers d'écriture, de rencontres en librairies, médiathèques, centres culturels ou en milieu scolaire, attirent ou acceptent de recevoir des écrivains dans le cadre de politiques sur la pertinence comme sur l'efficacité desquelles on devrait peut-être parfois davantage s'interroger.

Intitulé très éloquemment Chasseur de primes, le livre de Joël Bastard attire l'attention avec une franchise fort peu courante dans le milieu, sur la réalité de certaines de ces opérations prétendument littéraires qui n'ont malheureusement pas toujours d'autre intérêt à ses yeux que de permettre à l'homme qu'il est de gagner, fort modestement, l'argent dont il a besoin pour vivre, en privant cependant parfois l'écrivain qu'il est aussi, de la nécessité de disposer librement de son temps.

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jeudi 10 avril 2014

EMPÊCHER L'ESPRIT DE TOUJOURS PLUS S'INFIRMISER AVEC ARMAND LE POÊTE.

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Ferons-nous grincer quelques dents en proposant aux élèves des collèges et des lycées qui nous accompagneront dans le cadre du prochain Prix des Découvreurs, d'entrer dans la poésie contemporaine à partir d'un ouvrage dont l'auteur annonce lui-même sur la page d'accueil de son site qu'il est dangereux pour les enfants et déconseillé par l'Education Nationale, a (sic) cause de l'orthographe ?

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vendredi 4 avril 2014

MERCI POUR LES RENCONTRES !


Le mois qui vient de s'écouler s'est montré riche en rencontres. Nous en publions aujourd'hui quelques images-souvenirs que nous voudrions toutefois accompagner d'une courte réflexion sur les enjeux de ces opérations qui nécessitent de la part des divers acteurs un investissement dont on ne mesure ou ne reconnaît pas toujours l'importance.

Ce qu'il y a de positivement passionnant d'abord dans les rencontres c'est cette puissance qu'elles ont de réveiller, chez une importante partie des jeunes à qui elles sont en principe destinées, certaines aspirations engourdies à un monde plus large. À travers l'imprévu d'une parole généralement habitée, la rencontre exerce en effet comme une forme non contraignante et subtile de guidage capable de faire entrevoir à chacun de nouvelles possibilités d'être. De redonner par là une certaine intensité, de l'éclat, aux formes à venir, espérées, de sa vie.

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jeudi 3 avril 2014

RÉSISTER À LA TENTATION DE NE RIEN PERDRE DU MONDE. ALAIN DAMASIO


aucun-souvenir-assez-solide-Damasio.jpg"Conjurer le mouvement par la trace; l'évènement par sa prédiction; l'écart par les normes. Vouloir saisir et capter, compulsivement, les gestes, les pensées et les actes. Collecter et cumuler ce qu'on prélève. Vouloir surveiller, observer, entendre - partout, tout être, toute chose et tout le temps - être dieu.

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vendredi 21 février 2014

DE LA DIGNITÉ OU DE L'IDENTITÉ DE L'HOMME ? PIC DE LA MIRANDOLE.

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En cette période où de dangereux conglomérats d'individus prétendent avec l'appui irresponsable de certains politiques faussement ou réellement incultes réassigner à chacun la place "naturelle" qu'il est sensé occuper dans l'ordre du social, peut-être que rappeler ici le beau texte d'une des figures marquantes de notre Renaissance européenne ne sera pas superflu.

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samedi 15 février 2014

DE LA POÉSIE À UNE AUTRE ÉCHELLE. JACQUES DARRAS RENCONTRE LES DÉCOUVREURS.

12-02-2014.jpgLes poètes épiques qui se donnent pour ambition d'inviter la totalité du monde à entrer dans leurs vers ne sont pas aujourd'hui, en France, parmi les plus nombreux. Ni ceux qui, à la manière des peintres expressionnistes, conservent l'audace de conférer à leur œuvre les couleurs d'un tempérament puissant, affranchi aussi bien des limites pâlichonnes et des chétives conventions qui font les petits succès actuels du grand nombre que de "l'inane phraseology" de certains esprits supérieurs que dénonçait déjà, vers 1800, l'anglais Wordsworth. C'est néanmoins en la personne de l'auteur d'Irruption de la Manche, un poète robuste, fortifiant, capable de magnifier le monde que les jeunes Découvreurs de quatre grands lycées du littoral de la Côte d'Opale viennent d'avoir la chance de rencontrer pour plonger avec lui dans un profond et revitalisant bain de temps.

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samedi 8 février 2014

JEAN-CHRISTOPHE BAILLY. DU VERSANT ANIMAL AU VERSANT POÉTIQUE.

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Le 15 février prochain, Alain Finkielkraut recevra dans Répliques, Jean-Christophe Bailly à propos d'un ouvrage paru au cours de l'année qui vient de s'écouler, Le Parti-pris des animaux (Bourgois). Nous y voyons l'occasion de revenir sur un livre plus ancien, paru en 2007, chez Bayard dans la collection dirigée par Suzanne Doppelt, Le rayon des curiosités, Le Versant animal.


C’est un beau livre. Qui parti d’un chevreuil affolé surgissant la nuit sur une route de campagne conduit à nous interroger sur le monde que nous nous préparons : un monde meurtrier aux ciels dénués d’oiseaux, aux mers, aux rivières et aux lacs sans poissons, aux forêts sans tigres et sans loups, où dans la proximité des banquises fondues n’existeraient plus que « des hommes se battant autour des points d’eau ». Jean-Christophe Bailly a le sens du vivant. De l’absolue diversité des formes de la vie qui composent l’infini paysage de l’être dans lequel nous nous mouvons tout à côté des plantes et des bêtes. Il a le sens aussi des menaces que l’arrogance des hommes, leur épaisse inconscience responsables déjà des terribles limitations imposées aux autres espèces, font courir aux équilibres que nous voyons chaque jour davantage se fragiliser autour de nous. Le Versant animal est en fait beaucoup plus qu’un beau livre. C’est un livre essentiel.

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vendredi 31 janvier 2014

ÉCRIRE DANS L'AMITIÉ DES LIVRES. DOUCEUR DU CERF DE MARIE HUOT.


DOUCEUR_DU_CERF.jpgEcrire dans les marges d'une œuvre, comme se l'est proposé Marie Huot dans Douceur du cerf, est une entreprise risquée. A fortiori si cette œuvre présente l'ampleur écrasante et la diversité de celle d'un romancier comme Jean Giono qui, de Colline, son premier roman publié, à l'Iris de Suse, son dernier, voire à Dragoon qu'il a laissé inachevé, a multiplié les personnages, les formes, les perspectives et même les époques, à travers une écriture qu'il a voulu jusqu'au bout en permanente invention.

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mercredi 22 janvier 2014

RÉVÉLATION: KALA GHODA. POÈMES DE BOMBAY D'ARUN KOLATKAR.

bombayUne gamine, "un polichinelle dans le tiroir depuis, à vue de nez, sept mois" "cavale comme une gazelle", un jerrycan à la main à la poursuite de la carriole d'un vendeur de kérosène. À l'heure du petit déjeuner, un bossu cul de jatte bat, sur son "skateboard maison" des records de vitesse, "s'envole sur les ralentisseurs" pour coiffer au poteau un "vieux paralytique en fauteuil roulant fabriqué avec deux vélos cannibalisés". "Tel un Démosthène frappadingue", un ivrogne qui se réveille tonne à l'adresse de la ville entière qu'elle n'est qu'un "colossal tas de merde". "Les doigts funambules" d'un aveugle "tressent un lit de corde" qui "se tourne et se retourne dans ses bras" comme s'il apprenait à danser. Tandis qu'un peu plus loin, "tchac-a-boum-tchac-tchac tchac-a-bim-boum-bam" passe la fanfare des lépreux, le Bombay Lepers'Band. On le voit. C'est une sorte de Cour des Miracles que met en scène le poète indien Arun Kolatkar dans ces Poèmes de Bombay que les éditions Gallimard nous font heureusement découvrir grâce au talent de ces deux traducteurs que sont Pascal Aquien et Laetitia Zecchini. Toutefois cette Cour des Miracles que constitue la population du quartier de Kala Ghoda que notre auteur a observé des années durant, de sa table du Wayside Inn qui lui offrait une vue dégagée sur ce carrefour fréquenté au centre de la métropole indienne, n'a rien de l'espace sordide, inquiétant, malfaisant que le roman de Victor Hugo, Notre Dame de Paris, en quête de pittoresque d'époque, a popularisé. (1)

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jeudi 9 janvier 2014

À LA COULEUR AUSSI DE NOTRE ÉPOQUE. ELÉGIES ÉTRANGLÉES D'OLIVIER BARBARANT

Les Découvreurs recevront la semaine prochaine le poète Olivier Barbarant qu'ils accompagneront dans deux établissements du littoral de la Côte d'Opale.
C'est l'occasion pour nous de revenir un peu sur ces Elégies étranglées qui feront l'objet de ses interventions.

Fautrier_La_depouille_1945.jpg

Comme l'affirme le compte rendu que Ludovic Degroote a consacré à l'ouvrage sur POEZIBAO, le livre d'Olivier Barbarant, puisant largement dans la douleur de la disparition, à quelques mois d'intervalle, du père et de la mère, et retraçant, comme il l'écrit, des anecdotes, des souvenirs qui lui appartiennent en propre, semble bien procéder d'une "écriture de l'intime".

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dimanche 5 janvier 2014

SAVOIR REGARDER TOUT LE VIVANT IMMENSE: WILLIAM BARTRAM (1739-1823 )

DESSIN_DE_W._BARTRAM_State_Archives_of_Florida.jpgLes débuts d'année traditionnellement voués aux bilans et aux résolutions de tous ordres sont l'occasion pour chacun d'embrasser un temps plus large coloré du regret, certes, de ce que nous aurons malgré tout, laissé à jamais échapper mais de l'espérance aussi que l'espace que nous croyons ouvert à nouveau devant nous, nous permettra, qui sait, de ressaisir un peu de ce que nous avons perdu.

C'est pourquoi nous voudrions revenir aujourd'hui rapidement sur ce gros livre des Voyages de Bartram, que les éditions Corti, en la personne de Fabienne Raphoz et Bertrand Fillaudeau, nous ont offert, lors de leur venue à Calais, en février dernier. Un tel livre de quelques 500 pages, présenté comme une édition naturaliste, ponctué de nombreuses descriptions et de longues listes botaniques a de quoi faire un peu peur. Mais n'aura heureusement pas empêché les excellentes et nombreuses critiques qui en ont rendu compte et dont on pourra lire une partie ici.

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jeudi 2 janvier 2014

VOEU - DÉMOLITION - JEAN-CHRISTOPHE BELLEVEAUX

DEMOLITION_JCB.jpgLes éditions des Carnets du Dessert de Lune , viennent de faire paraître le dernier livre de Jean-Christophe Belleveaux, Démolition.

L'épigraphe empruntée à l'auteur uruguayen Carlos Liscano, - "L'esprit veut comprendre et finit seulement par savoir" - nous éclaire d'emblée sur la nature de cet ouvrage: une sorte d'odyssée de l'esprit confronté à l'impossibilité de pouvoir faire corps vraiment un jour avec le monde dans une sorte de repos à la fois heureux et transparent des choses .

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