LES DECOUVREURS

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lundi 12 octobre 2015

JOUBARBE DE CAMILLE LOIVIER.


JOUBARBE.jpgIl y a des bêtes vivantes et des animaux morts. Des perruches qui pourraient voler mais ne sortiront pas de leur cage. De l’ivoire qui n’est que du plastique jauni. Des choses lourdes aussi. Pas très belles. Encombrantes. Avec au milieu l’enfance. Qui ne finit jamais. Comme une petite cour. Un simple puits de lumière. Sur quoi s’ouvrent les fenêtres arrière de nos fragiles destinées humaines.

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mardi 29 septembre 2015

APRÈS ? LA RAGE !




APRES_REMARQUE.jpgOn connait le livre d’E. M. Remarque À l’ouest, rien de nouveau dans lequel l’auteur évoque, à partir de sa courte expérience du front, de juin 1917 à la fin juillet de la même année, toute l’horreur de ce qui fut problématiquement appelé la Grande Guerre. Il est un livre, beaucoup moins lu, du même auteur, qui mériterait, sûrement, qu’on s’y penche avec autant d’attention : celui dans lequel il évoque le retour du front d’une bande d’anciens camarades d’école normale d’instituteurs que l’épreuve collective qu’ils ont subie, rend impropres à se fondre, pour la plupart d’entre eux, dans le moule retrouvé d’une société qu’ils ne reconnaissent plus et qu’ils découvrent très éloignée des valeurs et des comportements que la guerre a suscités chez eux.

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lundi 31 août 2015

RENTREE DES DECOUVREURS


RENTREE.jpgCette année encore, LES DÉCOUVREURS se proposent d’accompagner les enseignants dans leur recherche d’actions originales, créatrices à la fois de sens et de valeurs, autour de la littérature vivante.

PROPOSITIONS DE RENTRÉE

Prix des Découvreurs 2015-2016
COUVERTURES_DECOUVREURS_15-16.jpgIl s’ouvre largement à l’international avec les ouvrages, en édition bilingue, d’un poète chinois et d’une poète irlandaise. Signalons aussi celui d’une poète syrienne, Fadwa Souleimane qui réfugiée en France tente de mettre des mots sur l'expérience profonde qu'elle a du conflit qui ensanglante son pays depuis de nombreuses années.
Le Dossier comme d’habitude très riche peut être téléchargé directement en quelques minutes ici

Les extraits illustrés contenus dans ce dossier offrent de nombreuses possibilités d’exploitation dans les classes même pour celles qui ne participeraient pas à l’ensemble de l’opération.

Découvrir un poète contemporain :
COUVERTURE_ARIANE.pngÀ la demande des Découvreurs, Ariane Dreyfus, a accepté de réaliser un choix de textes à partir des livres qu'elle a publiés chez divers éditeurs. Le livre comprend également un certain nombre d'inédits à paraître prochainement chez Flammarion. Chacune des diverses sections est précédée par de courts commentaires et quelques notes terminales en éclairent l'intention.
Les Découvreurs proposent aux professeurs qui voudraient profiter de cet ouvrage pour faire travailler leurs élèves sur un des poètes contemporains les plus appréciés d'aujourd'hui, de rencontrer l'auteur et d'échanger directement avec elle.
De manière à ce que les élèves puissent disposer chacun d'un ouvrage qui pourrait devenir leur tout premier livre de poésie écrit par un auteur vivant, les Découvreurs offriront aux établissements qui financeront notre venue en compagnie de l'auteur, la possibilité d'intégrer dans le coût des interventions, celui des livres, calculé à prix coûtant.
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Paysages de la Grande Guerre à partir de l’oeuvre de Gisèle Bienne :
PAYSAGE_GUERRE.jpgSuite au projet proposé par le lycée Berthelot de Calais, qui s’est vu décerner le Label de la Mission du Centenaire, nous publions le Dossier d’accompagnement qui peut servir à travailler de façon originale sur les traces de la guerre 14-18.
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Voir aussi nos extraits du roman de Dorgelès, Le Réveil des morts sur l’aventure de la reconstruction

mercredi 24 juin 2015

LA VIE MOINS UNE MINUTE.

la-vie-moins-une-minute-de-marie-de-quatrebarbes.jpgOn va faire un voyage, et après ? (…) trace ta route // Tu accepteras mes mystères et j'accepterai les tiens. Entreprendre avec Marie de Quatrebarbes le voyage que nous propose son livre La vie moins une minute suppose sûrement qu'on suive à son tour cette injonction qui me semble d'ailleurs assez clairement définir le pacte de lecture sur lequel repose toute œuvre tant soit peu singulière. Toute œuvre en tout cas bâtie sur la conscience aigüe non pas de l'existence de je ne sais quel arrière monde mais de l'opacité fondamentale de l'être et des limites de la représentation.

Ce voyage auquel nous invite le livre de Marie de Quatrebarbes passe clairement par l'enfance, le désir, les choses du quotidien, les hommes, le sexe, la famille, le merveilleux , tout un appétit surtout, peut-être trop violent de vivre qui me paraît mal dissociable d'une angoisse profonde, de l'expérience intime aussi d'une forme d'anormalité rebelle à la fois subie et revendiquée.

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samedi 16 mai 2015

GISÈLE BIENNE: NOUS DEMEURONS DANS LES MOTS.

LA_BRULURE.jpgElle pense qu'il fait bon, qu'il existe des joies pures, des instants d'enchantement. Elle pense qu'elle retrouvera la chaleur des vraies soirées, l'ivresse des vrais baisers.
Oserai-je avancer que c'est en rappelant à notre conscience l'image d'une existence possiblement vivifiée d'énergies et de présences heureuses, que la littérature et l'art en général remplissent l'une de leurs fonctions parmi les plus profondes. Et nécessaires. Qui est de dire non pas la vérité du monde. Mais la possibilité malgré tout de sa beauté. D'en provoquer toujours chez nous l'attente.

Cela ne va pas sans la reconnaissance bien entendu de sa cruauté diffuse. De l'ensemble des imbéciles conjurations par lesquelles nous trouvons à rendre notre vie un peu moins supportable. De la dénonciation aussi des multiples et toujours plus complexes machineries que des organisations sans scrupules à chaque étage de notre société mettent au service de leurs seuls intérêts nous réduisant alors à désespérer chaque jour davantage d'un progrès véritable de l'homme.

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mercredi 13 mai 2015

AVEC EDDY LOUIS HARRIS: DES VOYAGES QUI EN VALENT LA PEINE!

 C'est toujours avec le plus grand plaisir que nous recevons notre ami l'écrivain américain installé en Charente, Eddy L. Harris. Nous ne reviendrons pas sur les interventions qu'il vient d'effectuer dans diverses classes de premières et de terminales dans un des établissements de l'Académie de Lille qui a pris l'habitude de l'accueillir tant dans ses classes de lettres que ses classes d'anglais. Il y produit toujours la même forte impression par sa liberté de ton et la joyeuse décontraction qu'on aimerait voir plus souvent s'afficher à l'occasion de ce type de rencontres. Nous voudrions plutôt aujourd'hui informer les lecteurs de ce blog de l'aventure unique que ce blackaméricain né en 1956 à Indianapolis, vient de réaliser et qui consiste, 30 ans après avoir descendu pour la première fois le Mississippi à bord d'un canoë et en avoir fait le récit dans un livre, Mississipi solo, devenu aux Etats -Unis une sorte de classique, à avoir reproduit l'aventure, accompagné cette fois par toute une équipe chargée d'en filmer le déroulement.

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dimanche 26 avril 2015

JOURNÉE DÉCOUVERTES. À L'INTERSECTION DE LA PAROLE ET DE LA VIE.

AVEC LES AUTEURS INVITESC'est pratique aujourd'hui courante que de venir proclamer à cor et à cri la qualité d'exploit de ses moindres entreprises. Aussi n'aimons-nous pas trop vanter publiquement les réussites qui sont à l'occasion les nôtres.
Il nous semble toutefois que ce qu'a pu apporter à tous une Journée comme celle qui vient de se dérouler à la Bibliothèque des Annonciades de Boulogne-sur-Mer avec le concours de la Ville et celui du Rectorat de Lille est suffisamment rare pour mériter d'être signalé.

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mercredi 15 avril 2015

SÉLECTION 2016 DU PRIX DES DÉCOUVREURS


ROMAN_COLLEGE_ECUIRES.pngNous dévoilons aujourd'hui la sélection du prochain Prix des Découvreurs qui sera attribué fin avril 2016. Nous l'avons placée cette année sous le signe d'une plus grande ouverture encore au monde.
La sélection comprend en effet, pour la première fois 3 ouvrages d'auteurs étrangers: celui de la jeune syrienne, Fadwa Souleimane, celui de l'irlandaise Eawan Boland, celui du chinois Yu Jian. Ces deux derniers étant d'ailleurs proposés en édition bilingue.

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mardi 24 février 2015

LES DÉCOUVREURS PUBLIENT.


COUV_ET_DE_L_HIVER.jpgConscients de disposer aujourd'hui d'un réseau relativement nombreux d'hommes et de femmes engagés dans la défense d'une poésie bien de son temps qui ne renonce pas- en dépit de la situation misérable qui lui est faîte par les cultures de surface - à s'offrir au partage, les Découvreurs parallèlement à l'important travail de médiation qu'ils mènent depuis de nombreuses années, se sont décidés à créer une petite structure éditoriale dont nous espérons naturellement qu'elle trouvera sa place et sa raison au cœur de nos activités multiples.

Si les deux ouvrages par lesquels nous lançons cette entreprise sont signés d'un même nom, le mien, ce n'est pas que j'aie d'un coup cédé à d'irrésistibles pressions narcissiques, c'est que j'ai honnêtement médité le fait que ces ouvrages par leur complémentarité étaient à même de définir l'esprit de notre engagement, exposer les couleurs que nous entendons donner à notre action qui ne sont ni celles de la connivence excessive qui rassemble autour du vide, ni celles de ces ahurissantes ou étouffantes affirmations de singularité ou de modernité qui excluent aujourd'hui tout le monde.

C'est parce que nous sommes bien convaincus, que le monde que nous contribuons à entretenir par nos pensées d'habitude, nos comportements subornés, nous exile, chaque jour un peu plus de nous-mêmes, nous asphyxie sans que nous nous en rendions compte, que nous attendons de la poésie qu'elle nous fasse, dans un premier temps, bien sentir, éprouver, cette misère, cet hiver intérieur.

Mais que le poème surtout ne s'arrête pas là! Qu'il propose surtout dans sa communicable singularité une autre respiration. Découvre d'autres issues reconnaissables à la parole. Relance toujours davantage en nous cette mystérieuse et généreuse fermentation qui accompagne toute poussée créatrice.

Ainsi s'élargira la vie. La vie enfin rendue. Clarifiée. Immensifiée. La vie toujours à vivre. À dire. Voire à chanter. Par chacun. Inédite.

DECOUVRIR_NOUVELLES_EDITIONS_LD.pdf

jeudi 12 février 2015

INSURRECTION POÉTIQUE. DES TEXTES POUR FAIRE TOMBER LES MURS !

Vladimir_MAIAKOVSKI.jpg

Il existe en chacun un désir de mots ou pour mieux dire un désir de parole. Mais ce désir se heurte le plus souvent aux grands murs des clichés, des modèles, des règles, par lesquels on se sent le plus souvent écrasé, incapable ou débile.

Les Découvreurs vous soumettent aujourd'hui quelques propositions de textes pas trop conformistes capables de vous aider à faire tomber les murs !

TELECHARGER :

TEXTES_POUR_FAIRE_TOMBER_LES_MURS.pdf

mardi 13 janvier 2015

HERBES ET MURS. OÙ CONDUISENT LES ÉVIDENCES ?

Grande_touffe_d_herbes_de_Durer.jpg
Est-ce le pré que nous voyons, ou bien voyons-nous une herbe plus une herbe plus une herbe? Cette interrogation que s'adresse le héros d'Italo Calvino, Palomar, comment ne pas voir qu'elle est une des plus urgentes que nous devrions nous poser tous, aujourd'hui que, du fait des emballements et des simplifications médiatiques souvent irresponsables, risquent de fleurir les plus coupables amalgames, les plus stupides généralisations et les fureurs collectives aveugles et débilitantes. C'est la force et la noblesse de toute l'éducation artistique et littéraire que de dresser, face à tous les processus d'enfermement mimétique, la puissance civilisatrice d'une pensée attentive, appliquée au réel, certes, mais demeurée profondément inquiète aussi de ses supports d'organes, de sens et de langage.

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dimanche 11 janvier 2015

DIMANCHE 11 JANVIER 2015.


E_GLISSANT.jpg

mercredi 31 décembre 2014

CHANGER LA VIE. L'ARMÉE DES PAUVRES POÈTES.


Réponse au désastre des temps. Invention d'une relation farouchement affranchie avec le grand déconstruit toujours mal reconnu des choses. Sursaut de l'être confronté à l'effondrement manifeste autour de soi des vastes énergies vraies. Manière unique alors de s'éprouver vivant dans un environnement humain devenu mortifère. Sans compter les bonheurs et plaisirs qu'accorde le fait de s'ébattre dans les mots. Se baigner dans la langue. Dans son inépuisable fertilité. Sa constante et merveilleuse prodigalité… Oui tout cela, comme nous le rappelle l'ouvrage que viennent de réaliser Béatrice Bonneville- Humann et Yves Humann en donnant la parole à une vingtaine de poètes, dit bien à quelles nécessités répond toujours aujourd'hui la poésie. Et en quoi elle demeure et demeurera longtemps encore et pour chacun potentiellement indispensable.

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vendredi 5 décembre 2014

UN POÈTE CHINOIS POUR AUJOURD'HUI: YU JIAN.

YU_JIAN.png
Nous français, sommes réputés pour très mal connaître les langues. Que dire alors de notre connaissance des poésies dîtes étrangères! Pourtant nous serions bien inspirés de nous y plonger davantage tant certains textes portés à notre connaissance par d'intrépides éditeurs et de non moins courageux et talentueux traducteurs nous semblent de nature à revivifier notre relation à ce genre, déçue parfois par des productions nationales un peu trop cérébrales .

L'accueil réservé cette année à l'extraordinaire ''Kala Ghoda'' du poète indien Arun Kolatkar dans les établissements qui participent à la dix-septième édition du Prix des Découvreurs constitue bien une preuve de la capacité d'accueil des publics scolaires, élèves et professeurs confondus, qui savent reconnaître quand une œuvre est porteuse d'une énergie vraie qui nous rend à la fois plus humains et plus forts. Le beau livre aussi de Sylvie Kandé, ''la Quête infinie de l'autre rive'' , qui nous obligeait à repenser totalement la psychologie du migrant africain, son histoire, sa culture et ses rêves en fut l'année passée malgré sa relative complexité un autre impressionnant exemple.

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mercredi 15 octobre 2014

LA FOLIE-SAVITZKAYA

E._SAVITZKAYA.pngAfin de contribuer à faire découvrir au plus grand nombre et principalement au milieu scolaire des auteurs de notre temps trop souvent ignorés des grands circuits médiatiques nous revenons aujourd'hui sur l'œuvre d'Eugène Savitzkaya qui fut le lauréat de l'édition 2004 du Prix des Découvreurs. Parmi les nombreux livres de cet auteur, nous avons un faible pour Fou trop poli, paru en 2005 aux Éditions de Minuit, dont nous redonnons ici l'article que nous lui avons consacré dans la Quinzaine littéraire.

On trouvera à la fin de cet article un dossier téléchargeable contenant l'entretien que nous avons eu avec l'auteur lors de la remise de son prix ainsi que des liens et quelques extraits d'œuvre.''

Par son caractère foisonnant de tentative d’écriture de toute une vie, Fou, trop poli, peut être si l’on veut, un roman. Mais, par la brièveté ainsi que par la densité des chapitres, c’est aussi de la poésie sans vers. Du théâtre sans représentation. Une autobiographie fuyante. Un pamphlet merveilleux. Un tombeau sans douleur. Une douleur sans tombeau. C’est aussi un jeu presque oulipien avec le vocabulaire où pourtant se reconnaît à chaque pas la riche, bien fumée, personnalité terrestre et terrienne de ce wallon de Liège et de ce bruxellois d’Uccle qu’est Eugène Savitzkaya.

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lundi 29 septembre 2014

CHARLES PENNEQUIN. POUR UN RETOUR DE PÉGUY !


charles-peguy-dans-nos-lignes.jpg Il est des auteurs qu'on ne connaît, pour reprendre la célèbre expression d'André Breton au début de son Ode à Fourier, que de vue. Qu'à travers des anthologies. Que dis-je? Simplement parfois qu'à travers la pauvre caricature qu'en fournit la pensée culturelle dominante souvent pas plus informée que vous. Les rencontrer un jour, en chair. Dans leur chair d'écriture. Dans leur chair de pensée. Dans leur chair de pensée-écriture. Peut produire un sacré choc. Qui ne peut que conduire à un surcroit de défiance envers toutes les fameuses réputations dont notre brimbalant monde intellectuel accompagne ce qu'il croit être son avancée. À coups de jugements à la serpe. Encensant et gâtant les uns. Equarrissant les autres. En fonction trop souvent du degré de prospérité ou de la capacité d'esbroufe des premiers. Du caractère peu moderne ou contrariant, des seconds.

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jeudi 25 septembre 2014

RONCIER DE STÉPHANIE FERRAT À L'ATELIER LA FEUGRAIE.


RONCIER_S_FERRAT.JPGRoncier. Non, le livre de Stéphanie Ferrat que vient de publier l'Atelier La Feugraie, ne se veut pas impénétrable. Et même s'il se compose de nombreuses formules qui lui paraîtront plus ou moins énigmatiques, il ne cherche pas non plus à se protéger de son lecteur par de durs aiguillons. Certes, il y a quelque chose de sauvage et de hérissé dans la poésie de Stéphanie Ferrat qui emprunte d'ailleurs à la nature proche, herbes, prés, arbres, forêts, nuages, ciels, et bêtes et troupeaux, une bonne part de ses éléments ou de son matériel poétique, mais c'est que ce poète cherche davantage à se livrer toute entière à l'expérience brute, éclatée, de la présence, celle qui nous relie sans aucun discours aux choses, qu'à tenter de se rassembler dans une histoire, ou dans une pensée. Ainsi, quêtant, presque animalement, les mots venus "directement du vivant", des ouvertures "laissant passer le monde", la poésie de Stéphanie Ferrat est porteuse d'une ambition qui pourra paraître extrême. Mais dont elle a conscience. Dont elle vit. En soulignant d'ailleurs à l'occasion, sa radicale impossibilité: "il y a le devoir des signes/ le fond de la terre jamais atteint/ le feu, cette partie du rituel// il y a aussi le crâne / attaché aux nerfs plus bas// la pioche// manche planté dans l'inquiétude".

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mercredi 3 septembre 2014

FLUIDES EN MOUVEMENTS. SUR JEAN TARDIEU ET LA LECTURE.


Portrait_ramolli_Tardieu_par_Pol_Bury.png.jpgNB: Nous devons le déclenchement de ce billet au flotoir de Florence Trocmé que nous ne saurions trop recommander pour toutes les découvertes de lectures à y faire. À travers le prisme d'une intelligence active et réactive. En constante interrogation.


Dans une réflexion que l'on trouvera dans les premières pages du Miroir ébloui, (Gallimard, 1993) qui réunit la plupart des textes qu'il a écrits sur l'art et les artistes, Jean Tardieu évoque ce vertige du regard que suscite chez lui la rencontre avec certaines œuvres picturales, cette façon ambiguë qu'elle a, tout à la fois, de nous déranger et aussi de nous combler. C'est qu'en remuant la poussière de nos habitudes mentales (…) les formes, les couleurs, les sons qui nous fascinent (…) réveillent la splendeur des images, le murmure des rumeurs ensevelies au fond de notre mémoire obscure. Et c'est bien, selon lui, dans le trouble de cette expérience à la fois intime et profonde que doit se chercher la vocation essentielle de l'œuvre, aux antipodes de toutes les conceptions académiques de l’Art, avec ses notions périmées de l’« imitation » du réel, de la domination d’une « beauté ».

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vendredi 11 juillet 2014

VOYAGES À SAINT-MAUR DE JEAN-LOUIS GIOVANNONI.


VOYAGES_A_SAINT_MAUR.jpg"Mon enfance fait partie de ces choses dont je sais que je ne sais pas grand-chose. Elle est derrière moi, pourtant elle est le sol sur lequel j'ai grandi, elle m'a appartenu, quelle que soit ma ténacité à affirmer qu'elle ne m'appartient plus. J'ai longtemps cherché à détourner ou à masquer ces évidences, m'enfermant dans le statut inoffensif de l'orphelin, de l'inengendré, du fils de personne. Mais l'enfance n'est ni nostalgie, ni terreur, ni paradis perdu, ni Toison d'Or, mais peut-être horizon, point de départ, coordonnées à partir desquelles les axes de ma vie pourront trouver leur sens. Même si je n'ai pour étayer mes souvenirs improbables que le secours de photos jaunies, de témoignages rares et de documents dérisoires, je n'ai pas d'autre choix que d'évoquer ce que trop longtemps j'ai nommé l'irrévocable; ce qui fut, ce qui s'arrêta, ce qui fut clôturé: ce qui fut sans doute, pour aujourd'hui ne plus être, mais ce qui fut aussi pour que je sois encore."

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samedi 5 juillet 2014

LUCIEN SUEL DANS LE JARDIN DU MONDE.

je_suis_debout.gifDans un récent billet, j'évoquais Je suis debout le dernier livre de Lucien Suel, sélectionné dans le cadre du Prix des Découvreurs 2014-2015. J'y mettais essentiellement l'accent sur la pluralité et l'inventivité des formes mises en œuvre dans ce livre qui, en réponse à des sollicitations fort diverses, rassemble des textes écrits sur une assez longue période. Je voudrais aujourd'hui rendre davantage justice au caractère proprement extraordinaire et merveilleusement poétique de la démarche de cet auteur qui s'affirme aujourd'hui comme l'un des plus nécessaires en ce qu'il réaffirme visiblement la possibilité pour notre poésie de demeurer ce lieu majeur à partir duquel il nous est offert de nous éveiller vraiment au monde.

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